Pourquoi une unité spéciale ?
Les atomes et les molécules sont si petits qu'un échantillon manipulable en contient des nombres inconcevables. Une goutte d'eau compte environ molécules. Compter en unités serait absurde ; il faut un paquet.
La mole est ce paquet. Elle contient entités — atomes, molécules ou ions selon ce dont on parle. Ce nombre s'appelle la constante d'Avogadro.
Une comparaison aide à en saisir l'ampleur : une mole de grains de riz recouvrirait la Terre entière sur plusieurs kilomètres d'épaisseur. Et pourtant une mole d'eau tient dans 18 mL.
La masse molaire
La masse molaire d'une espèce est la masse d'une mole de cette espèce, en grammes par mole. Elle se lit dans la classification périodique pour un atome, et se calcule par addition pour une molécule.
Ainsi : une mole d'eau pèse 18 grammes. C'est ce lien entre l'invisible — le nombre de molécules — et le mesurable — la masse sur une balance — qui fait tout l'intérêt de la mole.
Le volume molaire des gaz
Pour les gaz, une propriété remarquable simplifie tout : dans les mêmes conditions de température et de pression, une mole de n'importe quel gaz occupe le même volume. Ce volume molaire vaut environ 24 L/mol dans les conditions usuelles.
Une mole de dioxygène et une mole de dihydrogène occupent donc le même volume, alors que leurs masses diffèrent d'un facteur seize. C'est contre-intuitif, et c'est vrai : dans un gaz, les molécules sont si éloignées les unes des autres que leur taille propre ne compte pas.
Un carrefour, trois chemins
La quantité de matière est le point de passage obligé de tout calcul de chimie. On y accède par trois routes selon ce que l'énoncé fournit : par la masse, en divisant par la masse molaire ; par le volume d'un gaz, en divisant par le volume molaire ; par le nombre d'entités, en divisant par la constante d'Avogadro.
La méthode générale ne varie jamais : on convertit la donnée en quantité de matière, on raisonne en moles, puis on reconvertit vers la grandeur demandée. Vouloir passer directement d'une masse à un volume, sans passer par les moles, est l'erreur qui coûte le plus cher au tronc commun.