Pourquoi étudier les suites en économie ?
Quand tu places de l'argent à la banque, que tu rembourses un crédit ou que ton salaire augmente chaque année d'un certain pourcentage, tu manipules sans le savoir des suites numériques. Au Bac Sciences Économiques, ce chapitre est un grand pourvoyeur de points car il relie directement les maths à la vie réelle.
Deux types de suites suffisent à comprendre l'essentiel de la finance : les suites arithmétiques (intérêts simples) et les suites géométriques (intérêts composés).
Rappel : suite arithmétique
Une suite est arithmétique de raison si on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre :
Le terme général s'écrit :
La somme des premiers termes est :
Rappel : suite géométrique
Une suite est géométrique de raison si on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre :
Le terme général s'écrit :
Et la somme des premiers termes (pour ) :
Intérêts simples : une suite arithmétique
Avec les intérêts simples, l'intérêt est calculé chaque année uniquement sur le capital de départ. Si tu places un capital au taux annuel , l'intérêt annuel est constant et vaut .
Le capital au bout de années suit donc une suite arithmétique :
Exemple chiffré
Tu places DH à la banque au taux simple de par an, soit . L'intérêt annuel est :
Chaque année, ton capital augmente de DH. Au bout de ans :
Tu as gagné DH d'intérêts.
Intérêts composés : une suite géométrique
Avec les intérêts composés, l'intérêt de chaque année est ajouté au capital, puis produit lui aussi des intérêts l'année suivante : c'est « les intérêts des intérêts ». Le capital est multiplié chaque année par le facteur :
C'est une suite géométrique de raison . Le terme général :
Le même placement, en intérêts composés
Reprenons DH au taux composé de . La raison est . Au bout de ans :
Tu obtiens environ DH, soit DH de plus qu'avec les intérêts simples. Sur de longues durées, l'écart devient énorme : c'est la puissance des intérêts composés.
Versements réguliers : la somme d'une suite géométrique
Imagine que tu verses DH chaque début d'année sur un compte rémunéré à composé. Chaque versement fructifie pendant un nombre d'années différent. La valeur totale acquise est une somme de termes géométriques.
Si l'on verse pendant années au taux , la valeur acquise (versements en début d'année) est :
Application
Avec DH, et ans :
Comme , on a , donc :
Tu as versé DH au total et récupéré environ DH.
Comment reconnaître la bonne suite ?
- Si une quantité augmente d'un montant fixe (en DH) à chaque étape → suite arithmétique.
- Si une quantité augmente d'un pourcentage fixe à chaque étape → suite géométrique.
- Intérêts simples → arithmétique ; intérêts composés → géométrique.
Erreurs fréquentes au bac
- Confondre et : la raison d'un placement composé est , pas .
- Mélanger pourcentage et décimal : s'écrit dans les calculs.
- Oublier l'année de départ : vérifie si la suite commence à ou .
Ce qu'il faut retenir
Derrière chaque placement se cache une suite : arithmétique pour les intérêts simples, géométrique pour les intérêts composés. Connais par cœur les formules et , sache calculer une somme de termes, et entraîne-toi avec des montants en dirhams. Tu transformeras alors ce chapitre en valeur sûre pour ton Bac Sciences Économiques.