1. Repère orthonormé et coordonnées
Dans tout ce chapitre, le plan est muni d'un repère orthonormé , c'est-à-dire d'un point origine et de deux vecteurs et vérifiant deux conditions : ils sont de même norme égale à (normé) et ils sont perpendiculaires (ortho). Ce repère permet d'associer à chaque point et à chaque vecteur du plan un couple de nombres réels appelé coordonnées.
Définition
Soit un point du plan. Il existe un unique couple tel que . Le réel s'appelle l'abscisse de et son ordonnée. On note .
Le repère est dit orthonormé direct lorsque, en plus, l'angle orienté allant de vers vaut . C'est le repère que l'on utilise par défaut.
2. Coordonnées d'un vecteur et norme
2.1 Coordonnées d'un vecteur
Définition
Un vecteur du plan se décompose de manière unique sous la forme . Le couple est appelé coordonnées du vecteur , et on note .
Propriété
Si et sont deux points, alors les coordonnées du vecteur sont :
De plus, le milieu du segment a pour coordonnées :
2.2 Opérations sur les coordonnées
Soient , et . Alors :
- a pour coordonnées ;
- a pour coordonnées ;
- si et seulement si et .
2.3 Norme d'un vecteur
Définition
La norme d'un vecteur dans un repère orthonormé est sa longueur, donnée par :
En particulier, la distance entre deux points et est :
Méthode : Calculer la distance entre et .
On forme , donc .
3. Colinéarité de deux vecteurs : le déterminant
Définition
Deux vecteurs et sont colinéaires lorsqu'il existe un réel tel que , ou bien lorsque l'un d'eux est nul.
Définition
Le déterminant des vecteurs et est le réel :
Propriété (critère de colinéarité)
Deux vecteurs et sont colinéaires si et seulement si leur déterminant est nul :
Conséquence : trois points , , sont alignés si et seulement si .
Méthode : Les points , et sont-ils alignés ?
On calcule et . Le déterminant vaut . Le déterminant étant nul, les vecteurs sont colinéaires, donc les trois points sont alignés.
4. Représentation paramétrique d'une droite
Une droite est entièrement déterminée par un point qui lui appartient et un vecteur directeur non nul qui donne sa direction.
Propriété
Un point appartient à la droite passant par et dirigée par si et seulement si et sont colinéaires, c'est-à-dire s'il existe tel que . On obtient la représentation paramétrique :
Le réel s'appelle le paramètre : à chaque valeur de correspond un unique point de la droite.
Méthode : Donner une représentation paramétrique de la droite passant par et de vecteur directeur .
On applique directement la formule : , . Par exemple, pour on obtient le point qui appartient à la droite.
5. Équation cartésienne d'une droite
Propriété
Toute droite du plan admet une équation cartésienne de la forme :
Réciproquement, tout ensemble d'équation (avec et non tous deux nuls) est une droite.
5.1 Vecteur directeur et vecteur normal
Propriété
Pour la droite d'équation :
- un vecteur directeur est (il dirige la droite) ;
- un vecteur normal est (il est perpendiculaire à la droite).
On vérifie que et sont bien orthogonaux : leur produit scalaire vaut .
5.2 Obtenir l'équation cartésienne à partir d'un point et d'un vecteur directeur
Méthode : Trouver l'équation cartésienne de la droite passant par et de vecteur directeur .
Un point est sur la droite si et seulement si . Or , d'où :
L'équation cherchée est . On retrouve bien un vecteur directeur , colinéaire à .
5.3 Coefficient directeur
Définition
Lorsqu'une droite n'est pas parallèle à l'axe des ordonnées (c'est-à-dire ), elle admet une équation réduite de la forme . Le réel est appelé le coefficient directeur (ou pente) et l'ordonnée à l'origine.
À partir de l'équation avec , on isole : , donc . Si la droite passe par deux points et avec :
6. Parallélisme et orthogonalité de deux droites
Soient deux droites et , de vecteurs directeurs respectifs et .
Propriété (parallélisme)
si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires, soit :
Propriété (orthogonalité)
si et seulement si leurs vecteurs directeurs (ou normaux) sont orthogonaux, soit :
En termes de coefficients directeurs et (quand ils existent) : les droites sont parallèles si et seulement si , et perpendiculaires si et seulement si .
7. Distance d'un point à une droite
Propriété
Dans un repère orthonormé, la distance d'un point à la droite est :
Cette distance correspond à la longueur du segment perpendiculaire abaissé de sur ; c'est la plus courte distance entre et la droite.
Méthode : Calculer la distance du point à la droite .
On a , , . Alors :
8. Équation cartésienne d'un cercle
Propriété
Le cercle de centre et de rayon est l'ensemble des points tels que . Son équation cartésienne est :
En développant, on obtient une équation de la forme . Réciproquement, pour reconnaître un cercle à partir d'une telle équation, on utilise la forme canonique en regroupant les carrés.
Méthode : Déterminer le centre et le rayon de l'ensemble d'équation .
On regroupe : . Puis on complète les carrés : et . L'équation devient :
C'est donc le cercle de centre et de rayon .
Remarque : on peut aussi définir un cercle par son diamètre. Le cercle de diamètre est l'ensemble des points tels que .
9. Position relative d'une droite et d'un cercle
Soit un cercle de centre et de rayon , et une droite . On compare la distance au rayon .
Propriété
- Si : la droite ne coupe pas le cercle (aucun point commun). On dit que est extérieure.
- Si : la droite est tangente au cercle (un seul point commun, le point de contact).
- Si : la droite est sécante au cercle (deux points communs).
Sur le plan algébrique, on peut aussi remplacer l'expression de la droite dans l'équation du cercle ; on obtient une équation du second degré dont le discriminant donne directement : (extérieure), (tangente), (sécante).
Méthode : Étudier la position de la droite par rapport au cercle de centre et de rayon .
On calcule la distance : . Comme (car ), la droite est sécante au cercle : elle le coupe en deux points.