Une suite numérique est une application de N (ou une partie de N) dans R. On la note (un)n∈N.
Modes de génération
Forme explicite :un=f(n). Exemple : un=2n2+3n−1
Forme récurrente :un+1=f(un) avec u0 donné. Exemple : u0=2, un+1=3un−1
II. Suites arithmétiques
Définition et propriétés
(un) est arithmétique de raison r⇔∀n∈N:un+1=un+r
Terme général :un=u0+nr=up+(n−p)r
Somme :Sn=u0+u1+⋯+un=2(n+1)(u0+un)
Somme des n premiers entiers :1+2+⋯+n=2n(n+1)
III. Suites géométriques
Définition et propriétés
(un) est géométrique de raison q⇔∀n∈N:un+1=q⋅un
Terme général :un=u0⋅qn=up⋅qn−p
Somme (q ≠ 1) :Sn=u0⋅1−q1−qn+1
Formule utile :1+q+q2+⋯+qn=1−q1−qn+1
IV. Sens de variation
Méthode 1 : Étudier le signe de un+1−un
Méthode 2 : Si un>0, comparer unun+1 à 1
Méthode 3 : Étudier f(x) si un=f(n)
V. Convergence des suites
Théorèmes fondamentaux
Théorème de convergence monotone : Toute suite croissante majorée (resp. décroissante minorée) converge.
Suites adjacentes : Si (un) croissante, (vn) décroissante et lim(vn−un)=0, alors elles convergent vers la même limite.
Suite géométrique :limqn=0 si ∣q∣<1 ; diverge si ∣q∣≥1(q=1)
Limites de référence :limnα=+∞(α>0) ; limnα1=0(α>0)
VI. Suites définies par un+1=f(un)
Si (un) converge vers ℓ et f est continue en ℓ, alors ℓ=f(ℓ).
Pour montrer la convergence : chercher un intervalle stable, montrer la monotonie et les bornes.
🔑 Formules clés à retenir
un=u0+nr (arithmétique)
S=2(n+1)(u0+un) (somme arithmétique)
un=u0⋅qn (géométrique)
S=1−qu0(1−qn+1) (somme géométrique)
∣q∣<1⇒limqn=0
⚠️
Astuces & Pièges à éviter
Les erreurs classiques — à lire avant les exercices !
🔴 Pièges classiques
❌
Convergence monotone : deux conditions obligatoires : croissante ET majorée (ou décroissante ET minorée). Une suite croissante non majorée diverge vers +∞ !
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Point fixe ne garantit pas la convergence : si un→ℓ, alors f(ℓ)=ℓ. Mais l'existence d'un point fixe ne prouve pas que la suite converge — il faut aussi montrer la convergence.
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Suites adjacentes : vérifier les deux conditions : l'une croissante, l'autre décroissante ET vn−un→0. Une seule condition ne suffit pas !
🟢 Astuces de pros
✅
Intervalle stable pour un+1=f(un) : cherche [a,b] tel que f([a,b])⊆[a,b]. Si f est monotone sur [a,b] et la suite y commence, elle y reste — preuve par récurrence.
✅
Utiliser les suites adjacentes pour encadrer une limite : si (un) et (vn) sont adjacentes et convergent vers ℓ, alors pour tout n : un≤ℓ≤vn. Très utile pour les approximations numériques.
💡
Croissances comparées en ±∞ :ln(n)≪nα≪en (pour α>0). Quand n→+∞, l'exponentielle "écrase" toute puissance, qui "écrase" tout logarithme.
🎯
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Pour chaque type de question : la démarche à suivre, étape par étape.
Méthodes types — Les suites numériques
Type 1 : Démontrer une propriété par récurrence
Quand ? L'énoncé contient « pour tout n∈N » et une propriété P(n) portant sur un entier : une inégalité un>0, un encadrement, une formule explicite, ou un≤un+1.
Initialisation : vérifier que P(n0) est vraie (souvent n0=0 ou n0=1) en calculant les deux membres.
Hérédité : supposer P(n) vraie pour un n≥n0 fixé (hypothèse de récurrence).
Démontrer P(n+1) en partant de l'hypothèse : transformer un+1 via la relation de récurrence et utiliser P(n).
Conclusion :P(n) est vraie pour tout n≥n0.
Exemple éclair : Si u0=2 et un+1=2un+1, montrer un>1 : initialisation u0=2>1 ; hérédité un>1⇒2un+1>21+1>1.
Type 2 : Étudier la monotonie d'une suite
Quand ? On demande « la suite est-elle croissante / décroissante / monotone ? » ou de justifier le sens de variation.
Méthode du signe de un+1−un : calculer et simplifier un+1−un, puis étudier son signe. Si ≥0 pour tout n : croissante ; si ≤0 : décroissante.
Méthode du quotient unun+1 : à utiliser si tous les termes sont strictement positifs. Comparer le quotient à 1.
Méthode fonction : si un=f(n), étudier le sens de variation de f sur [n0;+∞[ via f′.
Conclure clairement (croissante, décroissante, ou stationnaire).
Exemple éclair :un=n+11 : un+1−un=n+21−n+11=(n+1)(n+2)−1<0, donc (un) est décroissante.
Type 3 : Étudier une suite arithmétique ou géométrique
Quand ? La relation est de la forme un+1=un+r (arithmétique) ou un+1=qun (géométrique), ou on doit le démontrer.
Identifier le type : calculer un+1−un (constante ⇒ arithmétique de raison r) ou unun+1 (constante ⇒ géométrique de raison q).
Écrire le terme général : arithmétique un=un0+(n−n0)r ; géométrique un=un0qn−n0.
Pour une somme : arithmétique S=(nb termes)×2upremier+udernier ; géométrique S=upremier×1−q1−qnb termes (si q=1).
Pour la limite : géométrique convergente ⇔−1<q≤1 ; si ∣q∣<1 alors limqn=0.
Exemple éclair :un+1=3un, u0=2 : suite géométrique q=3, donc un=2⋅3n et n→+∞limun=+∞.
Type 4 : Ramener une suite à une suite géométrique (suite auxiliaire)
Quand ? Relation affine un+1=aun+b avec a=1, b=0 ; l'énoncé introduit vn=un−ℓ et demande de montrer que (vn) est géométrique.
Déterminer le point fixe ℓ : résoudre ℓ=aℓ+b, soit ℓ=1−ab.
Poser vn=un−ℓ puis calculer vn+1=un+1−ℓ=aun+b−ℓ=a(un−ℓ)=avn.
Conclure : (vn) est géométrique de raison a, donc vn=v0an.
Revenir à un : un=vn+ℓ=v0an+ℓ, puis calculer la limite.
Exemple éclair :un+1=21un+3 : point fixe ℓ=6, vn=un−6 est géométrique de raison 21, donc un=(u0−6)(21)n+6→6.
Type 5 : Étudier une suite définie par récurrence un+1=f(un)
Quand ? On donne u0 et un+1=f(un), et on demande d'étudier le comportement, la convergence ou la limite éventuelle.
Stabilité de l'intervalle : montrer par récurrence que tous les un appartiennent à un intervalle I stable par f (c.-à-d. f(I)⊂I).
Monotonie : étudier le signe de un+1−un, ou comparer f(x) à x sur I ; si f est croissante sur I, la suite est monotone (sens donné par le signe de u1−u0).
Convergence : une suite monotone et bornée converge (théorème de convergence monotone).
Valeur de la limite : si (un) converge vers ℓ et f continue, alors ℓ vérifie ℓ=f(ℓ) ; résoudre cette équation et choisir la solution dans I.
Exemple éclair :un+1=un+2, u0=0 : suite croissante majorée par 2, donc converge vers ℓ avec ℓ=ℓ+2⇒ℓ=2.
Type 6 : Majorer, minorer, encadrer une suite
Quand ? On demande de montrer que (un) est bornée, majorée par M, minorée par m, ou d'établir un encadrement a≤un≤b.
Si la borne dépend de la récurrence : démontrer l'inégalité par récurrence (Type 1).
Si un=f(n) : étudier les variations / la limite de f pour encadrer.
Combiner avec la monotonie : une suite croissante est minorée par son premier terme ; décroissante, majorée par son premier terme.
Conclure : (un) est bornée si elle est à la fois majorée et minorée.
Exemple éclair :un=n+1n vérifie 0≤un<1 pour tout n, donc (un) est bornée.
Type 7 : Suites adjacentes
Quand ? On donne deux suites (un) et (vn) et on demande de montrer qu'elles sont adjacentes, ou d'en déduire leur convergence vers une limite commune.
Montrer que (un) est croissante (signe de un+1−un≥0).
Montrer que (vn) est décroissante (signe de vn+1−vn≤0).
Montrer que n→+∞lim(vn−un)=0.
Conclusion :(un) et (vn) sont adjacentes, donc convergent vers une même limite ℓ, avec de plus un≤ℓ≤vn pour tout n.
Exemple éclair :un=k=0∑nk!1 et vn=un+n⋅n!1 sont adjacentes et convergent vers e.
Type 8 : Calculer la limite d'une suite (formes indéterminées)
Quand ? On demande n→+∞limun avec une forme indéterminée ∞∞, ∞−∞, etc.
Quotient de polynômes en n : factoriser par le terme dominant (plus haute puissance) au numérateur et au dénominateur.
Différence avec racines (∞−∞) : multiplier par la quantité conjuguée.
Théorème des gendarmes : si an≤un≤bn et an,bn→ℓ, alors un→ℓ.
Comparaison : si un≥an avec an→+∞, alors un→+∞ ; et croissances comparées (qn, np, etc.).
Exemple éclair :n→+∞lim3n2+12n2−n=n→+∞limn2(3+n21)n2(2−n1)=32.
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