Montrons par récurrence que u n > 0 pour tout n ≥ 0 , ce qui garantit que la suite est bien définie (le dénominateur u n + 3 > 3 > 0 ne s'annule jamais).
**Initialisation :** u 0 = 2 > 0 . ✓
**Hérédité :** Supposons u n > 0 . Alors u n + 1 = u n + 3 3 u n + 4 . Le numérateur 3 u n + 4 > 4 > 0 et le dénominateur u n + 3 > 3 > 0 , donc u n + 1 > 0 .
Par le principe de récurrence, u n > 0 pour tout n ≥ 0 , et la suite est bien définie.
Montrons que la suite ( u n ) est minorée par 2 pour tout n ≥ 0 .
Étudions le signe de u n + 1 − 2 :
u n + 1 − 2 = u n + 3 3 u n + 4 − 2 = u n + 3 3 u n + 4 − 2 ( u n + 3 ) = u n + 3 u n − 2 .
On vérifie par récurrence que u n ≥ 2 pour tout n ≥ 0 .
**Initialisation :** u 0 = 2 ≥ 2 . ✓
**Hérédité :** Si u n ≥ 2 , alors u n − 2 ≥ 0 et u n + 3 > 0 , donc u n + 1 − 2 = u n + 3 u n − 2 ≥ 0 , soit u n + 1 ≥ 2 .
Donc u n ≥ 2 pour tout n ≥ 0 .
Montrons que la suite ( u n ) est décroissante. Étudions le signe de u n + 1 − u n :
u n + 1 − u n = u n + 3 3 u n + 4 − u n = u n + 3 3 u n + 4 − u n ( u n + 3 ) = u n + 3 3 u n + 4 − u n 2 − 3 u n = u n + 3 4 − u n 2 = u n + 3 ( 2 − u n ) ( 2 + u n ) .
Or, d'après l'étape 2, u n ≥ 2 , donc 2 − u n ≤ 0 . De plus, 2 + u n > 0 et u n + 3 > 0 .
Donc u n + 1 − u n = u n + 3 ( 2 − u n ) ( 2 + u n ) ≤ 0 .
La suite ( u n ) est donc décroissante.
La suite ( u n ) est décroissante et minorée par 2 . D'après le **théorème de la convergence monotone**, la suite ( u n ) converge vers une limite ℓ ∈ R .
De plus, puisque ( u n ) est décroissante et u n ≥ 2 pour tout n , on a nécessairement ℓ ≥ 2 .
Calculons la valeur de ℓ . En passant à la limite dans la relation de récurrence u n + 1 = u n + 3 3 u n + 4 , et en utilisant la continuité des opérations algébriques :
ℓ = ℓ + 3 3 ℓ + 4 .
On résout cette équation :
ℓ ( ℓ + 3 ) = 3 ℓ + 4
ℓ 2 + 3 ℓ = 3 ℓ + 4
ℓ 2 = 4
ℓ = 2 ou ℓ = − 2.
Puisque ℓ ≥ 2 (d'après l'étape 4), on retient ℓ = 2 .
Conclusion : n → + ∞ lim u n = 2 .
**Vérification de la cohérence :** On a u 0 = 2 , et si u n = 2 alors u n + 1 = 2 + 3 3 × 2 + 4 = 5 10 = 2 . Ainsi, ℓ = 2 est bien un point fixe de la fonction f ( x ) = x + 3 3 x + 4 .
Mais attention : pour que la récurrence de l'étape 2 soit rigoureusement valide, il aurait fallu supposer simultanément u n ≥ 2 **et** u n + 1 ≥ 2 dans l'hypothèse de récurrence, car la relation de récurrence fait intervenir deux rangs consécutifs. En supposant seulement u n ≥ 2 , on déduit u n + 1 ≥ 2 , mais pour établir u n + 2 ≥ 2 il faut disposer de u n + 1 ≥ 2 , ce qui n'est pas couvert par une récurrence simple portant uniquement sur le rang n . Une récurrence forte aurait été nécessaire : supposer ∀ k ≤ n , u k ≥ 2 , puis en déduire u n + 1 ≥ 2 .
En appliquant correctement la récurrence forte, on obtient que la minoration u n ≥ 2 est valide, mais le minorant exact de la suite est en réalité ℓ = 2 , valeur atteinte dès u 0 . La suite est donc stationnaire, et sa limite est bien n → + ∞ lim u n = 2 .