🔄 Deux méthodes négligées (à tort)
Au lycée, la récurrence est tellement mise en avant que beaucoup d'élèves oublient les 2 autres méthodes de preuve indirecte : le raisonnement par l'absurde et le raisonnement par contraposée. Ces méthodes débloquent des questions impossibles autrement.
💥 Le raisonnement par l'absurde
Principe : pour démontrer une proposition P, on suppose non P (le contraire) et on dérive une contradiction. Donc non P est impossible, donc P est vraie.
📐 La structure obligatoire (à recopier mot pour mot)
Étape 1. "Supposons par l'absurde que [non P]…"
Étape 2. [Chaîne de déductions logiques]
Étape 3. "On aboutit à [contradiction explicite — ex. 0 = 1, ou contredit l'hypothèse]."
Étape 4. "Ceci est absurde. Donc [non non P], c'est-à-dire P." ∎
🎯 Quand l'utiliser ?
- Énoncés de type "il n'existe pas…" ("il n'existe pas de rationnel x tel que x² = 2")
- Énoncés de unicité ("il existe un unique…")
- Énoncés où la conclusion est négative ("f n'est pas dérivable en 0")
- Quand l'approche directe ne mène nulle part
✨ Exemple culte : √2 est irrationnel
Supposons par l'absurde que √2 = p/q avec p et q entiers premiers entre eux (fraction irréductible). Alors 2 = p²/q², donc p² = 2q². Donc p² est pair, donc p est pair (car carré d'un impair est impair). Écrivons p = 2k. Alors 4k² = 2q², donc q² = 2k². Donc q² est pair, donc q est pair. Mais p et q sont alors tous deux pairs, donc divisibles par 2. Contradiction avec "p et q premiers entre eux". ∎
🪞 Le raisonnement par contraposée
Principe : pour démontrer "A ⇒ B", on démontre "non B ⇒ non A" (équivalent logique).
C'est utile quand A est compliqué mais non B est facile.
📐 Structure
Étape 1. "Démontrons la contraposée : si [non B], alors [non A]."
Étape 2. [Démonstration directe de non B ⇒ non A]
Étape 3. "Par contraposée, on a démontré A ⇒ B." ∎
🎯 Quand l'utiliser ?
- L'hypothèse A est complexe (longue, technique)
- La conclusion B est facile à nier
- Quand l'implication directe semble "tourner en rond"
✨ Exemple classique : si n² est pair, alors n est pair
Démontrons la contraposée : si n n'est pas pair (donc n est impair), alors n² n'est pas pair. Soit n impair. Alors n = 2k + 1 pour un certain k ∈ ℤ. n² = (2k + 1)² = 4k² + 4k + 1 = 2(2k² + 2k) + 1. Donc n² est impair. Par contraposée, on a démontré : si n² est pair, alors n est pair. ∎
⚠️ Les 3 pièges classiques
- Ne pas écrire explicitement "Supposons par l'absurde" ou "Démontrons la contraposée". Sans ça, le correcteur ne suit pas ton raisonnement. −2 points garantis.
- Confondre la contraposée et la réciproque. La contraposée de "A ⇒ B" est "non B ⇒ non A" (équivalente). La réciproque est "B ⇒ A" (généralement fausse).
- Ne pas conclure. Après la contradiction (ou la démonstration de non B ⇒ non A), il faut une phrase explicite qui reformule le résultat.
🎓 Comment choisir : absurde ou contraposée ?
- Si l'énoncé contient "il n'existe pas" ou "il est impossible" → absurde
- Si l'énoncé est une implication "A ⇒ B" et A est compliqué → contraposée
- Si tu n'es pas sûr → tente d'abord la preuve directe, sinon contraposée, sinon absurde
Articles connexes : le raisonnement par récurrence, modèles de démonstration par récurrence.