Méthodes types — Dénombrement
Type 1 : Principe additif (réunion de cas disjoints)
Quand ? Un choix se fait selon plusieurs cas qui s'excluent (« soit… soit… », « ou bien »), sans étape intermédiaire commune.
- Découper la situation en cas deux à deux disjoints A1,…,Ak.
- Compter séparément chaque card(Ai).
- Additionner : card(A1∪⋯∪Ak)=card(A1)+⋯+card(Ak).
- Si les cas se chevauchent, corriger : card(A∪B)=card(A)+card(B)−card(A∩B).
Exemple éclair : Tirer une carte rouge ou un roi noir : 26+2=28 cas (disjoints).
Type 2 : Principe multiplicatif (choix successifs)
Quand ? Une configuration se construit par étapes successives indépendantes (« puis », « ensuite »), chaque étape ayant un nombre de possibilités.
- Décomposer en étapes ordonnées E1,…,Ep.
- Compter le nombre de possibilités ni à chaque étape (attention à ce qui change après chaque choix).
- Multiplier : nombre total =n1×n2×⋯×np.
- Vérifier l'absence de répétition ou de double comptage.
Exemple éclair : Un code à 3 chiffres de {0,…,9} avec répétition : 10×10×10=1000.
Type 3 : Permutations (tout ranger dans un ordre)
Quand ? On ordonne TOUS les éléments d'un ensemble de n objets distincts (anagrammes, files, classements complets).
- Vérifier qu'on utilise les n éléments, tous, et que l'ordre compte.
- Nombre de permutations : n!=n×(n−1)×⋯×2×1.
- Si des objets sont identiques (répétés n1,… fois), diviser : n1!n2!⋯n!.
- Pour des contraintes (objets côte à côte), traiter le bloc comme un seul élément.
Exemple éclair : Anagrammes de « MATHS » (5 lettres distinctes) : 5!=120.
Type 4 : Arrangements (ordre + sans répétition, choix partiel)
Quand ? On choisit p éléments parmi n, l'ORDRE compte et SANS répétition (tirage successif sans remise, podium, places attribuées).
- Vérifier : ordre important + pas de répétition + on ne prend que p≤n éléments.
- Appliquer Anp=(n−p)!n!=n×(n−1)×⋯×(n−p+1).
- Si répétition autorisée (tirage avec remise ordonné) : utiliser plutôt np (Type 2).
- Conclure le décompte.
Exemple éclair : Podium (or, argent, bronze) parmi 8 athlètes : A83=8×7×6=336.
Type 5 : Combinaisons (choix sans ordre)
Quand ? On choisit p éléments parmi n sans tenir compte de l'ordre (tirage simultané, formation d'un comité, sous-ensemble).
- Vérifier : ordre sans importance + sans répétition.
- Appliquer (pn)=p!(n−p)!n! (avec 0≤p≤n).
- Pour un comptage avec contraintes : combiner principes additif/multiplicatif sur des combinaisons partielles.
- Vérifier l'ordre de grandeur du résultat.
Exemple éclair : Choisir 2 délégués parmi 10 : (210)=210×9=45.
Type 6 : Parties d'un ensemble et propriétés des (pn)
Quand ? On dénombre les sous-ensembles d'un ensemble, ou on doit prouver / utiliser une identité sur les coefficients binomiaux.
- Nombre total de parties d'un ensemble à n éléments : 2n.
- Symétrie : (pn)=(n−pn).
- Relation de Pascal : (pn)=(p−1n−1)+(pn−1).
- Identité globale : p=0∑n(pn)=2n (somme de toutes les parties).
Exemple éclair : Un ensemble à 4 éléments a 24=16 parties, dont (24)=6 de cardinal 2.
Type 7 : Formule du binôme de Newton
Quand ? On développe (a+b)n, on cherche un terme particulier ou un coefficient dans un développement.
- Écrire (a+b)n=p=0∑n(pn)an−pbp.
- Le terme général (rang p) est (pn)an−pbp.
- Pour isoler un terme en une puissance donnée, résoudre l'équation sur l'exposant.
- Cas utiles : a=b=1 donne ∑(pn)=2n.
Exemple éclair : (x+2)3=x3+3⋅2x2+3⋅4x+8=x3+6x2+12x+8.
Type 8 : Choisir le bon modèle de dénombrement
Quand ? Avant tout calcul, pour ne pas confondre arrangement, combinaison, permutation ou puissance.
- Question 1 — l'ordre compte-t-il ? Si NON ⇒ combinaison (pn).
- Question 2 — si l'ordre compte, y a-t-il répétition ? Avec remise ⇒np ; sans remise ⇒Anp.
- Question 3 — prend-on TOUS les éléments sans répétition ? ⇒ permutation n!.
- Découper en étapes (multiplicatif) ou en cas disjoints (additif) si nécessaire.
Exemple éclair : Tirage simultané ⇒(pn) ; tirage successif sans remise ⇒Anp ; avec remise ⇒np.