Chapitre extrait du Tome 5 — Arithmétique du livre « Objectif Olympiades de Mathématiques » de Mohammed Aassila. Réservé aux élèves se préparant aux concours d'olympiades de niveau lycée.
7.1 Définition. Propriétés
Soient et des entiers tels que et . On sait, d'après le théorème d'Euler, qu'il existe toujours (au moins) un entier naturel vérifiant , à savoir, . Cependant, rien de ce que nous avons fait jusqu'à présent ne garantit que est le plus petit de tels . Par exemple , même si . Ces considérations motivent la définition suivante :
Définition
Soient et deux entiers premiers entre eux. L'ordre de , modulo , noté , est le plus petit possible tel que :
On a clairement : .
Remarque : Notons que n'est pas défini lorsque .
Remarque : La suite des restes modulo des nombres est périodique de période minimale . Ceci découle du fait que est équivalente (d'après le lemme de Gauss) à : pour tout . Par exemple, pour et , la suite des restes modulo de est :
et la longueur de la période est , donc .
Proposition
Soient , avec et .
- Si , alors les entiers sont à non congrus modulo .
- Les solutions positives de la congruence sont exactement les multiples de .
- . En particulier, .
Remarque : Lorsqu'on veut chercher l'ordre d'un entier modulo à la main : il suffit de tester les diviseurs de .
Exemple
Déterminer les ordres de modulo , et de modulo .
Si , alors , d'où . Il est évident que , de plus , alors . D'autre part, , donc .
Si , alors , d'où . Clairement, . Cependant, puisque , on a aussi . En conclusion, .
Exemple
Déterminer dans les cas suivants :
- et .
- et .
On note, dans tous les cas, , et on utilise le fait que .
① Si alors et . En calculant avec les diviseurs de on trouve que car . Si alors , en vérifiant avec les différents diviseurs de on trouve car . Si on a , on trouve car et .
② Pour on a , comme et on déduit que . Pour on a et . Ensuite, , d'où . Finalement, pour on a et . De plus, , donc .
Exemple
Soit un entier naturel. Déterminer .
Soit , alors , d'où pour un certain . Donc on doit trouver le plus petit pour lequel , i.e., tel que . En utilisant la factorisation :
on obtient . Donc l'inégalité est équivalente à et par suite .
Exemple
Si est un nombre premier impair, montrer que tous les facteurs premiers de sont de la forme pour un certain .
Si est un facteur premier de , alors est impair et . Donc , et alors . Or, si , alors , absurde. Donc, . D'autre part, d'après le théorème de Fermat on sait que , ainsi . Or comme est impair, il doit exister tel que .
Proposition
Soient et des entiers premiers entre eux avec .
- .
- Si est un entier tel que , alors .
- Si et , alors .
- Si , alors .
- Si , alors l'ensemble possède exactement éléments d'ordre modulo .
Preuve
① Comme alors pour tout . En particulier, si, et seulement si, , et donc et ont le même ordre modulo .
② Comme , alors si on a : . En particulier, puisque où , on a : . D'où .
③ Soit , alors :
où on a utilisé le fait que . On obtient donc que :
④ Découle immédiatement de (3) ci-dessus.
⑤ D'après (4) ci-dessus, le nombre d'exposants tels que a pour ordre modulo est égal au nombre d'exposants qui sont premiers avec . C'est donc égal à .
Corollaire
- .
- Si , alors .
Exemple
Montrer que, pour tout , le nombre n'est pas un multiple de .
Supposons, par l'absurde, que , alors . Or , donc , une contradiction.
Exemple
Soient et des entiers premiers entre eux avec . Montrer que s'il existe un entier naturel tel que , alors est pair.
Si , alors , et d'après le théorème d'Euler, . Donc, , où (rappelons que pair). Si , alors , contradiction. Par suite pour un certain diviseur de , et donc est pair.
Exemple
Soient et des nombres premiers tels que . Montrer que .
Soit , alors , et l'hypothèse implique que . Il est clair que , donc nécessairement et par suite . Si , on obtient , impossible d'après le théorème de Fermat. Donc , et alors , ce qui termine la preuve.
Exemple (Kvant)
Soit tel que soit un nombre premier. Montrer que ce nombre premier est un diviseur de .
Soit et notons que . Pour montrer que il suffit de montrer que . Soit , puisque on a : . Ensuite, on a puisque (d'où ), qui avec impliquent . Comme on conclut que . Finalement, notons que est impair (si est pair alors et , une contradiction) d'où et ainsi .
Proposition
Soient et deux entiers premiers entre eux, avec . Si est la décomposition primaire de , alors :
Proposition
Soient un nombre premier, un entier, et un entier tel que . Soit et posons .
- Supposons que . Si alors , sinon : . En particulier, si , alors : .
- Supposons que et . Si alors et si alors . Dans tous les cas :
Théorème
- Soient un nombre premier impair, , et . Soit l'ordre de modulo , et la plus grande puissance de divisant , i.e., . Si est l'ordre de modulo , alors :
- Supposons que est impair, , , vérifie . Si est l'ordre de modulo , alors :
- Supposons que est impair, , , vérifie . Si est l'ordre de modulo alors :
7.2 Exemples
Exemple
Soit un entier naturel. Montrer que si alors .
Il est clair que est impair. Soit le plus petit diviseur premier de , on se propose de montrer que , ce qui donnera . Soit l'ordre de modulo . Comme alors :
Puisque , alors par le théorème de Fermat, on a :
Les relations (1) et (2), ainsi que les propriétés de l'ordre, impliquent que et , d'où . Il est facile de montrer que . En effet, de on obtient , et . D'autre part, s'il existe un nombre premier impair tel que , alors et , or cette dernière relation montre que , en contradiction est le plus petit diviseur premier de . Ainsi, , et .
Exemple
Soit un entier naturel. Montrer que : .
Supposons, par l'absurde, qu'il existe un entier tel que . Pour tout diviseur premier de , on a : . Supposons que l'ordre de modulo est , alors clairement . De la relation on déduit . D'après le théorème de Fermat on a : . Donc, et . Par suite . En particulier, on prend le plus petit diviseur premier de , alors . En effet, s'il existe un nombre premier tel que , alors et . Or cette dernière relation entraîne que , en contradiction avec le choix de . Donc, . D'où, , une contradiction.
Exemple
Soit un entier impair. Montrer que, pour tout , on a : .
Supposons, par l'absurde, qu'il existe impair tel que , alors . Soit un diviseur premier quelconque de , et l'ordre de modulo (notons que ). Posons , , , alors on a :
Par suite , d'où . L'étape cruciale dans la résolution de ce problème est de montrer que . Supposons que ce n'est pas le cas, alors comme on obtient , et grâce à (1) on déduit que , une contradiction. Par conséquent . La relation implique que , d'où , donc , i.e., . Comme est un diviseur quelconque de , on peut factoriser et obtenir , c'est-à-dire . Mais ceci est en contradiction avec la plus grande puissance de divisant .
Exemple
Soit un nombre premier impair. Montrer que tout diviseur strictement positif de est congru à modulo .
Il suffit de montrer que tout diviseur premier de vérifie . Notons, tout d'abord, que :
Donc . Soit l'ordre de modulo . Puisque :
alors , par suite . Donc : .
◇ Si , alors , et avec (2) on déduit que , ceci est impossible.
◇ Si , alors est premier, ce qui implique que ou . Le premier cas est impossible. Si le second cas est vrai, i.e., , on considère (1) modulo . Il est clair que le membre de gauche est , mais le membre de droite est . Donc , ce qui est impossible. Ainsi, .
Donc . Finalement, comme , alors d'après le théorème de Fermat . D'où , i.e., , donc .
Exemple
Soient et des entiers tels qu'aucun d'eux n'est égal à , et . Montrer qu'il y a au plus un nombre fini de tels que : .
Puisque , alors il admet des diviseurs premiers. On suppose, tout d'abord, que admet un diviseur premier impair , alors . Soit l'ordre de modulo . Comme , il existe tel que (c-à-d est la plus grande puissance de divisant ). S'il y a une infinité de tels vérifiant , alors il y a une infinité de tels que :
D'après le théorème vu en début de ce chapitre, l'ordre de modulo est . Donc par (1) on a : , d'où , et le nombre de tels est clairement fini, une contradiction. Si n'admet pas de diviseurs premiers impairs, alors est une puissance de . Notons d'abord que si impair vérifie , alors :
est divisible par . Or le second diviseur dans (2) est la somme d'un nombre impair d'entiers impairs, d'où . Comme , il existe au plus un nombre fini de tels . Supposons qu'il y a un nombre infini d'entiers pairs tels que , alors :
Soit vérifiant , alors . D'après le théorème vu en début de chapitre, lorsque l'ordre de modulo est . Donc si , par (3) on a : , d'où . Mais il y a au plus un nombre fini de tels , une contradiction.
Exemple
Montrer que si alors : .
On a clairement et . En utilisant la partie (1) de la proposition précédente on obtient .