Pourquoi les atomes s'associent
Les gaz nobles — hélium, néon, argon — ne forment pratiquement aucune molécule. Leur point commun est d'avoir une couche externe saturée : 2 électrons pour l'hélium, 8 pour les autres. C'est cette configuration qui les rend stables.
Les autres atomes s'associent précisément pour atteindre cette même configuration. Ils y parviennent en mettant en commun des électrons : chaque liaison covalente est un doublet liant, c'est-à-dire deux électrons partagés entre deux atomes.
C'est la règle de l'octet : un atome tend à s'entourer de huit électrons sur sa couche externe. L'hydrogène fait exception et se contente de deux — c'est la règle du duet.
Doublets liants et doublets non liants
Autour d'un atome, certains électrons participent aux liaisons — ce sont les doublets liants — et d'autres restent sur l'atome sans être partagés : ce sont les doublets non liants.
Les seconds sont invisibles dans une formule brute, et pourtant ce sont eux qui expliquent la géométrie. C'est le point central du chapitre.
La règle qui gouverne la forme
Tous les doublets, liants comme non liants, portent des charges négatives : ils se repoussent. Ils se disposent donc autour de l'atome central de façon à s'écarter le plus possible les uns des autres.
Cette règle unique explique les trois géométries du programme.
Avec deux doublets autour de l'atome central, l'écartement maximal est de 180° : la molécule est linéaire. C'est le cas du dioxyde de carbone.
Avec quatre doublets, ils pointent vers les sommets d'un tétraèdre, à environ 109° les uns des autres. Si les quatre sont liants, la molécule est tétraédrique — c'est le méthane.
Si, parmi ces quatre doublets, certains sont non liants, ils occupent quand même de la place mais ne portent pas d'atome. On ne voit alors qu'une partie du tétraèdre. L'eau possède deux doublets liants et deux non liants : les quatre s'écartent en tétraèdre, mais seuls deux sommets portent un hydrogène. La molécule apparaît donc coudée, avec un angle d'environ 104°.
Le piège à éviter
Le dioxyde de carbone et l'eau comptent tous deux trois atomes. Pourtant l'un est linéaire et l'autre coudé. Compter les atomes ne suffit donc jamais : il faut compter les doublets autour de l'atome central, en n'oubliant pas les non liants.