6.1 Fonctions polynômes
6.1.1 Généralités
Définition
Un polynôme est une fonction définie sur qui peut s'écrire sous la forme : où est un entier naturel, et sont des réels appelés coefficients.
Deux polynômes et sont égaux si, et seulement si, pour tout .
Si n'est pas le polynôme nul, alors il existe tel que .
Définition : degré d'un polynôme
Si n'est pas le polynôme nul, alors il existe un entier tel que et pour tout . Cet indice est appelé degré de et on le note .
Par convention, le polynôme nul admet pour degré.
Soit un polynôme de degré . Le coefficient est appelé coefficient dominant.
Un polynôme est dit unitaire lorsque son coefficient dominant vaut .
Propriété
Soient et deux polynômes, alors :
- , avec égalité si, et seulement si, ou et .
- .
6.1.2 Divisibilité. Racines
Définition : divisibilité
Soient et deux polynômes. On dit que le polynôme divise le polynôme lorsqu'il existe un polynôme tel que . Le polynôme est appelé quotient de la division de par .
Exemple : divise car .
Définition : racine
Soient un polynôme et un nombre réel. On dit que est une racine de lorsque .
Le nombre est une racine de si, et seulement si, divise .
Si un polynôme admet racines deux à deux distinctes, alors il est divisible par .
Définition : ordre de multiplicité d'une racine
Soient un polynôme, un réel, et un entier naturel non nul. est racine de d'ordre de multiplicité si, et seulement si, il existe un polynôme tel que :
Théorème
Si le polynôme admet racines distinctes, alors il est identiquement nul.
Démonstration
On fait un raisonnement par récurrence sur . Si , le résultat est clair car un polynôme de degré admet une seule racine. Supposons que sont des racines de , alors , où le polynôme admet racines distinctes . Par hypothèse de récurrence, est identiquement nul, donc est aussi identiquement nul.
Le nombre de racines distinctes d'un polynôme non nul de degré est au plus .
Un polynôme de degré inférieur ou égal à dont le nombre de racines distinctes est supérieur ou égal à est le polynôme nul.
Soit et soient couples de réels. On suppose de plus que les sont deux à deux distincts. Alors, il existe un unique polynôme de degré inférieur ou égal à tel que pour tout .
Théorème
Soit un polynôme à coefficients entiers, alors pour toute paire d'entiers distincts : divise .
En particulier, toutes les racines entières de divisent .
Démonstration
Si est à coefficients entiers, alors : Chaque terme du membre de droite est un multiple de , ce qui permet de conclure.
Corollaire
Soit un polynôme à coefficients entiers. S'il existe des entiers , deux à deux différents, tels que sont des éléments de , alors l'équation n'admet pas de solutions entières.
Preuve
Supposons, par l'absurde, qu'il existe un entier tel que . Comme et sont deux à deux différents, alors et sont aussi deux à deux différents. D'après le théorème ci-dessus on sait que : Donc, et divisent tous les trois le nombre , c'est impossible.
Définition : division euclidienne
Soient et deux polynômes avec non nul. Il existe un unique couple de polynômes tel que :
Dans la pratique, pour effectuer une division euclidienne on a souvent recours aux identités remarquables.
Lorsqu'on demande de déterminer uniquement le reste de la division euclidienne d'un polynôme par un polynôme , il est conseillé d'utiliser les racines de .
De façon générale, on ne pose la division euclidienne que lorsqu'il n'est pas possible de faire autrement.
Définition (polynôme réciproque)
Un polynôme , avec , est dit réciproque (ou palindromique) si pour tout .
Les polynômes , et sont des polynômes réciproques.
Théorème
Un polynôme réciproque de degré peut s'écrire sous la forme où et est un polynôme en de degré .
Démonstration
Si , alors : En utilisant la formule : il est clair qu'on peut exprimer chaque terme comme un polynôme en .
Théorème de la racine rationnelle
Soit un polynôme à coefficients entiers. Si est une racine de , où et sont deux entiers premiers entre eux, alors divise et divise .
Démonstration
Comme , alors on a successivement : Par suite divise , ce qui implique que divise car et sont premiers entre eux. D'autre part, on a aussi : Comme avant, on déduit que divise .
Pour rechercher une éventuelle racine rationnelle d'un polynôme, on établit la liste de tous les diviseurs de et celle de tous les diviseurs de et l'on essaye de remplacer l'inconnue dans l'équation par un rationnel de la forme de toutes les façons possibles en choisissant parmi les diviseurs de et parmi les diviseurs de jusqu'à ce que l'équation soit vérifiée (une rapide étude de variations permet souvent de limiter ces essais en écartant d'emblée la plupart des « candidats » ).
En particulier si le polynôme est unitaire, i.e. , ses seules éventuelles racines rationnelles sont nécessairement des entiers.
Corollaire
Si et sont des entiers, avec , et une racine de l'équation alors et .
6.1.3 Polynômes symétriques élémentaires
Le but de ce paragraphe est de rappeler et d'utiliser les relations qui lient les coefficients d'un polynôme à ses racines. Ceci permet en particulier de manipuler les racines d'un polynôme sans les avoir calculées explicitement. Par développement, on sait que :
Si on pose : alors :
On trouve de même la formule suivante :
On notera que est un polynôme en , homogène de degré , qu'on écrira s'il y a risque de confusion. Les polynômes , où sont appelés les polynômes symétriques élémentaires en les indéterminées . Il est clair que la somme et le produit de deux polynômes symétriques sont encore des polynômes symétriques.
Théorème de Viète
Soit un polynôme de degré (donc ), et soient ses racines : Alors :
Corollaire
Si admet pour racines et alors : En effet, .
Corollaire
Si admet pour racines et , alors : En effet, .
6.1.4 Racines multiples et dérivée
Définition
Pour tout polynôme de degré : on définit la dérivée de comme étant le polynôme de degré donné par :
Si pour un certain polynôme , alors :
Théorème
Si pour un entier le polynôme est divisible par , alors le polynôme est divisible par .
Autrement dit, si est une racine de de multiplicité , alors est une racine de de multiplicité .
Démonstration
On fait un raisonnement par récurrence sur . Pour , si est divisible par , alors où est un polynôme divisible par . Comme , alors est divisible par . Supposons le résultat vrai pour . Si est divisible par , alors où est un polynôme divisible par , et comme , il s'ensuit que est divisible par .
Proposition
Si est un polynôme tel que : alors est un zéro de de multiplicité . (le terme désigne la dérivée de et ).
Autrement dit, pour un certain polynôme , avec .
Preuve
Comme , alors pour un certain polynôme . Puisque , il s'ensuit que . Alors, pour un certain polynôme , et donc . En continuant ainsi on arrive à où est le polynôme que nous cherchons.
6.1.5 Formule d'interpolation de Lagrange
On sait que par deux points du plan, il passe une unique droite. Donc, si sont deux paires de nombres réels, avec , il existe un unique polynôme de degré au plus tel que et . Ce résultat se généralise comme suit :
Théorème : formule d'interpolation de Lagrange
Soient des nombres réels deux à deux différents, et soient des nombres réels. Alors, il existe un unique polynôme de degré au plus tel que : pour tout .
Démonstration
Pour , on considère le polynôme : où le numérateur et le dénominateur ont facteurs. Il est clair que , que , et si . Alors, le polynôme qui répond à la question est : Pour montrer l'unicité, on suppose qu'il existe deux polynômes et , de degré tels que : pour , . Alors, le polynôme est de degré et possède racines distinctes . Donc, est identiquement nul, c'est-à-dire .
6.1.6 Quelques méthodes pour déterminer les racines
Paramètres :
Afin de déterminer les racines d'un polynôme de degré supérieur à deux, il est parfois utile de considérer les termes indépendants comme des variables. Ces termes indépendants sont appelés paramètres.
Expression conjuguée :
En règle générale, dans les fractions, on évite les racines carrées au dénominateur. Par exemple, on aimerait modifier la fraction afin de supprimer le terme au dénominateur. La bonne idée est de multiplier la fraction, au numérateur et au dénominateur, par l'expression conjuguée du dénominateur. L'expression conjuguée de est . De manière générale, l'expression conjuguée de est , et on a alors :
Règle de signes de Descartes :
La règle de signes de Descartes est une technique permettant de déterminer une borne supérieure du nombre de racines réelles positives ou négatives d'un polynôme. Ce n'est pas un critère complet, car il ne fournit pas le nombre exact de racines positives ou négatives.
La règle est appliquée en comptant le nombre de changements de signe dans la suite formée par les coefficients du polynôme. Si un coefficient est égal à zéro, ce terme est tout simplement omis de la suite.
Règle : racines positives
Si les termes d'un polynôme d'une seule variable avec des coefficients réels sont ordonnés par ordre décroissant des exposants, alors le nombre de racines positives du polynôme est le nombre de changements de signe entre les coefficients consécutifs différents de zéro, éventuellement diminué d'un nombre pair. Les racines multiples d'une même valeur sont comptabilisées séparément.
Dans le polynôme , les signes sont : , il y a donc changements de signe, par suite il y a une ou trois racines positives.
Corollaire : racines négatives
Le nombre de racines négatives est le nombre de changements de signe après multiplication des coefficients des termes de puissance impaire par , ou diminué par un nombre pair. Cette procédure équivaut à substituer l'opposé de la variable à la variable elle-même. Par exemple, pour trouver le nombre de racines négatives de : nous demandons de manière équivalente combien de racines positives il y a pour dans La règle des signes de Descartes pour donne le nombre de racines positives de , et cela donne le nombre de racines négatives de .
Le polynôme a un changement de signe entre les deuxième et troisième termes, par conséquent il a exactement une racine positive. Pour trouver le nombre de racines négatives, on change les signes des coefficients des termes d'exposants impairs, c'est-à-dire appliquer la règle de Descartes des signes pour le polynôme . Le polynôme a deux changements de signes, ce qui signifie que a deux ou aucune racines positives; ainsi a deux ou aucune racines négatives. En fait on a : Les racines de sont (deux fois) et . Les racines de sont (deux fois) et .
6.1 Fonctions polynômes
6.1.1 Généralités
Définition
Un polynôme est une fonction définie sur qui peut s'écrire sous la forme :
où est un entier naturel, et sont des réels appelés coefficients.
Deux polynômes et sont égaux si, et seulement si, pour tout .
Si n'est pas le polynôme nul, alors il existe tel que .
Définition : degré d'un polynôme
Si n'est pas le polynôme nul, alors il existe un entier tel que et pour tout . Cet indice est appelé degré de et on le note .
Par convention, le polynôme nul admet pour degré.
Soit un polynôme de degré . Le coefficient est appelé coefficient dominant.
Un polynôme est dit unitaire lorsque son coefficient dominant vaut .
Propriété
Soient et deux polynômes, alors :
- , avec égalité si, et seulement si, ou et .
- .
6.1.2 Divisibilité. Racines
Définition : divisibilité
Soient et deux polynômes. On dit que le polynôme divise le polynôme lorsqu'il existe un polynôme tel que . Le polynôme est appelé quotient de la division de par .
Exemple : divise car .
Définition : racine
Soient un polynôme et un nombre réel. On dit que est une racine de lorsque .
Le nombre est une racine de si, et seulement si, divise .
Si un polynôme admet racines deux à deux distinctes, alors il est divisible par .
Définition : ordre de multiplicité d'une racine
Soient un polynôme, un réel, et un entier naturel non nul. est racine de d'ordre de multiplicité si, et seulement si, il existe un polynôme tel que :
Théorème
Si le polynôme admet racines distinctes, alors il est identiquement nul.
Démonstration
On fait un raisonnement par récurrence sur . Si , le résultat est clair car un polynôme de degré admet une seule racine. Supposons que sont des racines de , alors , où le polynôme admet racines distinctes . Par hypothèse de récurrence, est identiquement nul, donc est aussi identiquement nul.
Le nombre de racines distinctes d'un polynôme non nul de degré est au plus .
Un polynôme de degré inférieur ou égal à dont le nombre de racines distinctes est supérieur ou égal à est le polynôme nul.
Soit et soient couples de réels. On suppose de plus que les sont deux à deux distincts. Alors, il existe un unique polynôme de degré inférieur ou égal à tel que pour tout .
Théorème
Soit un polynôme à coefficients entiers, alors pour toute paire d'entiers distincts :
En particulier, toutes les racines entières de divisent .
Démonstration
Si est à coefficients entiers, alors :
Chaque terme du membre de droite est un multiple de , ce qui permet de conclure.
Corollaire
Soit un polynôme à coefficients entiers. S'il existe des entiers , deux à deux différents, tels que sont des éléments de , alors l'équation n'admet pas de solutions entières.
Preuve
Supposons, par l'absurde, qu'il existe un entier tel que . Comme et sont deux à deux différents, alors et sont aussi deux à deux différents. D'après le théorème ci-dessus on sait que :
Donc, et divisent tous les trois le nombre , c'est impossible.
Définition : division euclidienne
Soient et deux polynômes avec non nul. Il existe un unique couple de polynômes tel que :
Dans la pratique, pour effectuer une division euclidienne on a souvent recours aux identités remarquables.
Lorsqu'on demande de déterminer uniquement le reste de la division euclidienne d'un polynôme par un polynôme , il est conseillé d'utiliser les racines de .
De façon générale, on ne pose la division euclidienne que lorsqu'il n'est pas possible de faire autrement.
Définition (polynôme réciproque)
Un polynôme , avec , est dit réciproque (ou palindromique) si pour tout
Les polynômes , et sont des polynômes réciproques.
Théorème
Un polynôme réciproque de degré peut s'écrire sous la forme
où et est un polynôme en de degré .
Démonstration
Si , alors :
En utilisant la formule :
il est clair qu'on peut exprimer chaque terme comme un polynôme en .
Théorème de la racine rationnelle
Soit un polynôme à coefficients entiers. Si est une racine de , où et sont deux entiers premiers entre eux, alors divise et divise .
Démonstration
Comme , alors on a successivement :
Par suite divise , ce qui implique que divise car et sont premiers entre eux. D'autre part, on a aussi :
Comme avant, on déduit que divise .
Pour rechercher une éventuelle racine rationnelle d'un polynôme, on établit la liste de tous les diviseurs de et celle de tous les diviseurs de et l'on essaye de remplacer l'inconnue dans l'équation par un rationnel de la forme de toutes les façons possibles en choisissant parmi les diviseurs de et parmi les diviseurs de jusqu'à ce que l'équation soit vérifiée (une rapide étude de variations permet souvent de limiter ces essais en écartant d'emblée la plupart des « candidats » ).
En particulier si le polynôme est unitaire, i.e. , ses seules éventuelles racines rationnelles sont nécessairement des entiers.
Corollaire
Si et sont des entiers, avec , et une racine de l'équation , alors et .
6.1.3 Polynômes symétriques élémentaires
Le but de ce paragraphe est de rappeler et d'utiliser les relations qui lient les coefficients d'un polynôme à ses racines. Ceci permet en particulier de manipuler les racines d'un polynôme sans les avoir calculées explicitement. Par développement, on sait que :
Si on pose :
alors :
On trouve de même la formule suivante :
On notera que est un polynôme en , homogène de degré , qu'on écrira s'il y a risque de confusion. Les polynômes , où sont appelés les polynômes symétriques élémentaires en les indéterminées . Il est clair que la somme et le produit de deux polynômes symétriques sont encore des polynômes symétriques.
Théorème de Viète
Soit un polynôme de degré (donc ), et soient ses racines :
Alors :
Corollaire
Si admet pour racines et alors :
En effet, .
Corollaire
Si admet pour racines et , alors :
En effet, .
6.1.4 Racines multiples et dérivée
Définition
Pour tout polynôme de degré :
on définit la dérivée de comme étant le polynôme de degré donné par :
Si pour un certain polynôme , alors :
Théorème
Si pour un entier le polynôme est divisible par , alors le polynôme est divisible par .
Autrement dit, si est une racine de de multiplicité , alors est une racine de de multiplicité .
Démonstration
On fait un raisonnement par récurrence sur . Pour , si est divisible par , alors où est un polynôme divisible par . Comme , alors est divisible par . Supposons le résultat vrai pour . Si est divisible par , alors où est un polynôme divisible par , et comme , il s'ensuit que est divisible par .
Proposition
Si est un polynôme tel que :
alors est un zéro de de multiplicité . (le terme désigne la dérivée de et ). Autrement dit, pour un certain polynôme , avec .
Preuve
Comme , alors pour un certain polynôme . Puisque , il s'ensuit que . Alors, pour un certain polynôme , et donc . En continuant ainsi on arrive à :
6.1.5 Formule d'interpolation de Lagrange
On sait que par deux points du plan, il passe une unique droite. Donc, si sont deux paires de nombres réels, avec , il existe un unique polynôme de degré au plus tel que et . Ce résultat se généralise comme suit :
Théorème : formule d'interpolation de Lagrange
Soient des nombres réels deux à deux différents, et soient des nombres réels. Alors, il existe un unique polynôme de degré au plus tel que : pour tout .
Démonstration
Pour , on considère le polynôme :
où le numérateur et le dénominateur ont facteurs. Il est clair que , que , et si . Alors, le polynôme qui répond à la question est :
Pour montrer l'unicité, on suppose qu'il existe deux polynômes et , de degré tels que : pour , . Alors, le polynôme est de degré et possède racines distinctes . Donc, est identiquement nul, c'est-à-dire .
6.1.6 Quelques méthodes pour déterminer les racines
Paramètres :
Afin de déterminer les racines d'un polynôme de degré supérieur à deux, il est parfois utile de considérer les termes indépendants comme des variables. Ces termes indépendants sont appelés paramètres.
Expression conjuguée :
En règle générale, dans les fractions, on évite les racines carrées au dénominateur. Par exemple, on aimerait modifier la fraction afin de supprimer le terme au dénominateur. La bonne idée est de multiplier la fraction, au numérateur et au dénominateur, par l'expression conjuguée du dénominateur. L'expression conjuguée de est . De manière générale, l'expression conjuguée de est , et on a alors :
Règle de signes de Descartes :
La règle de signes de Descartes est une technique permettant de déterminer une borne supérieure du nombre de racines réelles positives ou négatives d'un polynôme. Ce n'est pas un critère complet, car il ne fournit pas le nombre exact de racines positives ou négatives.
La règle est appliquée en comptant le nombre de changements de signe dans la suite formée par les coefficients du polynôme. Si un coefficient est égal à zéro, ce terme est tout simplement omis de la suite.
Règle : racines positives
Si les termes d'un polynôme d'une seule variable avec des coefficients réels sont ordonnés par ordre décroissant des exposants, alors le nombre de racines positives du polynôme est le nombre de changements de signe entre les coefficients consécutifs différents de zéro, éventuellement diminué d'un nombre pair. Les racines multiples d'une même valeur sont comptabilisées séparément.
Dans le polynôme , les signes sont : , il y a donc changements de signe, par suite il y a une ou trois racines positives.
Corollaire : racines négatives
Le nombre de racines négatives est le nombre de changements de signe après multiplication des coefficients des termes de puissance impaire par , ou diminué par un nombre pair. Cette procédure équivaut à substituer l'opposé de la variable à la variable elle-même. Par exemple, pour trouver le nombre de racines négatives de :
nous demandons de manière équivalente combien de racines positives il y a pour dans . La règle des signes de Descartes pour donne le nombre de racines positives de , et cela donne le nombre de racines négatives de .
Le polynôme a un changement de signe entre les deuxième et troisième termes, par conséquent il a exactement une racine positive. Pour trouver le nombre de racines négatives, on change les signes des coefficients des termes d'exposants impairs, c'est-à-dire appliquer la règle de Descartes des signes pour le polynôme . Le polynôme a deux changement de signes, ce qui signifie que a deux ou aucune racines positives; ainsi a deux ou aucune racines négatives. En fait on a :
Les racines de sont (deux fois) et . Les racines de sont (deux fois) et .
6.1.7 Polynômes qui commutent
Définition
Deux polynômes unitaires et , à coefficients réels, commutent si pour tout :
Exemple
Trouver tous les polynômes unitaires de degré 3 qui commutent avec où est un réel.
Posons , alors l'égalité s'écrit :
En développant, et en identifiant les termes on déduit que et :
En posant , il s'ensuit que . La deuxième équation ci-dessus implique que , i.e., , et alors ou . Il est facile de vérifier que chacune de ces deux valeurs représente une solution du système. En résumé, un polynôme de degré 3 et qui commute avec existe seulement lorsque ou .
Si , , et si , .
On peut montrer, de même, que le seul polynôme de degré 2 qui commute avec est lui-même, et que le seul polynôme de degré 1 qui commute avec est .
Exemple
Soit et , pour .
Montrer que pour tout entier strictement positif les racines de l'équation sont toutes réelles et distinctes. (OIM, 1976)
L'application envoie vers , et on a :
L'équation est équivalente à : , dont les solutions sont avec . D'où, les valeurs suivantes de :
donnent valeurs réelles distinctes de qui vérifient .
Exemple
Pour un polynôme donné , on définit le polynôme par .
Montrer que si et commutent, alors et commutent aussi.
Notons que :
De même, on a aussi :
Donc, et commutent si, et seulement si, , ce qui est vrai.
6.1.8 Polynômes irréductibles
Définition
On dit qu'un polynôme (polynôme à coefficients dans ) est irréductible s'il est non constant, et si ses seuls diviseurs sont les polynômes constants et les polynômes de la forme avec .
Autrement dit, les polynômes irréductibles jouent le rôle pour l'arithmétique de des entiers premiers pour l'arithmétique de .
- Les polynômes de degré 1 sont toujours irréductibles.
- Dans , les polynômes irréductibles sont exactement les polynômes de degré 1.
- Dans , les polynômes irréductibles sont les polynômes de degré 1 et les polynômes de degré 2 de discriminant négatif.
- Tout polynôme de degré 2 avec au moins une racine irrationnelle est irréductible dans . Par exemple, est irréductible dans puisque ses racines sont données par .
Lemme de Gauss
Si un polynôme à coefficients entiers est factorisé en deux polynômes à coefficients rationnels non constants, alors ceux-ci sont proportionnels à des polynômes à coefficients entiers dont le produit est égal à .
Preuve
Supposons que est à coefficients entiers et que , où et sont des polynômes non constants à coefficients rationnels. Soient et les plus petits entiers naturels tels que et ont des coefficients entiers. Alors, si il s'ensuit que :
est une factorisation de en deux polynômes à coefficients entiers et . Soient les coefficients de , on va construire la factorisation requise de .
Soit un diviseur premier de , alors tous les coefficients de sont divisibles par .
Montrons maintenant que divise tous les coefficients de ou divise tous les coefficients de . Si divise tous les coefficients de , alors c'est fini. Sinon, soit tel que divise mais ne divise pas . On a :
De plus, et , et alors . En procédant de la même façon, on peut déduire que pour tout . Donc, a des coefficients entiers. On a ainsi une factorisation de en deux polynômes à coefficients entiers.
En prenant tous les diviseurs premiers de , on finira avec une factorisation du polynôme en deux polynômes à coefficients entiers.
Exemple
Si sont des entiers deux à deux différents, alors le polynôme :
est irréductible dans .
Supposons, par l'absurde, que , où et sont deux polynômes non constants et à coefficients entiers. Comme pour tout , alors :
Dans les deux cas, on a : pour tout . De plus, est non nul (car sinon pour tout , mais si est assez grand, alors , ce qui donne une contradiction). Finalement, on a polynôme non nul qui admet racines , c'est impossible car son degré est .
Définition
Un polynôme à coefficient entiers est dit primitif si et s'il n'existe aucun nombre entier qui divise tous les coefficients , .
Théorème : critère d'Eisenstein
Soit un polynôme à coefficients entiers. Soit un nombre premier tel que :
- ne divise pas ,
- divise chaque coefficient ,
- ne divise pas .
Alors, est irréductible dans .
De plus, si est primitif, alors est irréductible dans .
Démonstration
Supposons que n'est pas irréductible sur , alors par le lemme de Gauss , où et sont des polynômes à coefficients entiers. Comme est divisible par mais pas par , alors exactement un seul élément parmi est un multiple de . Supposons que et . De plus, comme il s'ensuit que , alors , et ainsi de suite on conclut que tous les coefficients sont divisibles par , mais alors on aura car , ce qui est une contradiction.
Exemple
Soit un nombre premier. Le polynôme :
est irréductible dans .
Notons que , alors avec le changement de variables on a :
Or est divisible par pour , en effet , et comme le nombre premier n'est pas un facteur de , alors divise le produit . Maintenant, En divisant par , alors il s'ensuit que vérifie les conditions du critère d'Eisenstein, et en conclusion c'est un polynôme irréductible, d'où est aussi un polynôme irréductible.
Exemple
Soit un nombre premier impair, et considérons le polynôme à coefficients dans . D'après le théorème de Fermat, chacun des nombres est une racine du polynôme, donc :
Applications
Application 1 : théorème de Wilson
En comparant les coefficients constants dans la relation (1) on obtient le théorème de Wilson :
Application 2
Si on développe le membre de droite de la relation (1), alors le coefficient de est la somme de tous les produits de éléments de l'ensemble . En comparant les coefficients on obtient :
Application 3 : théorème de Wolstenholme
On suppose que . Le numérateur de la fraction simplifiée :
est divisible par .
En effet, et, comme et , il s'ensuit que .
Application 4
Soit comme dans l'application précédente, et nombre premier. Alors :
En effet, comme , alors avec :
Puisque , l'identité ci-dessus se réduit à :
Ceci montre que est divisible par , comme chaque est divisible par et comme et sont premiers entre eux, alors on conclut que .
6.2 Polynômes de degré 2
Définition
Une fonction définie sur est une fonction polynôme ou (trinôme) de degré 2 s'il existe des réels () tels que, pour tout réel , on ait :
Proposition
Toute fonction polynôme de degré 2, définie sur par , peut s'écrire sous la forme canonique :
où est le discriminant de .
Exemple : si , alors , et . Ainsi , et pour tout réel :
6.2.1 Variations d'une fonction polynôme de degré 2
Soit une fonction polynôme de degré 2, définie sur par . Les variations de dépendent du signe de .
- Si :
- Si :
Dans un repère du plan, la courbe représentative de est une parabole de sommet le point . Elle admet pour axe de symétrie la droite d'équation .
Résoudre une équation du second degré
Pour résoudre l'équation , avec , on calcule le discriminant .
- Si , l'équation n'admet pas de solution réelle.
- Si , l'équation admet une solution double :
- Si , l'équation admet deux solutions réelles distinctes :
Remarque
Si , alors l'équation admet deux racines distinctes et avec :
Théorème
Soient et les racines réelles de l'équation . Alors :
Démonstration
En effet, on a :
6.2.2 Factorisation d'un trinôme du second degré
Pour factoriser le trinôme , avec , on calcule le discriminant .
- Si , le trinôme n'admet pas de factorisation dans .
- Si , le trinôme se factorise sous la forme : où est la racine double du trinôme.
- Si , le trinôme se factorise sous la forme : où et sont les racines distinctes du trinôme.
6.2.3 Signe d'un trinôme du second degré
Soit un trinôme défini sur par , .
- Si , pour tout réel , est du signe de :
| signe de | signe de | ||
- Si , pour tout , est du signe de :
| signe de | signe de | 0 | signe de |
- Si , est du signe de à l'extérieur des racines et :
| signe de | signe de | 0 | signe de | 0 | signe de |
6.3 Polynômes de degré 3
Le graphe d'un polynôme , avec , est similaire à l'une des deux représentations ci-dessous. La figure de droite représente le graphe d'une fonction strictement croissante ayant une seule racine réelle. La figure de gauche représente une fonction strictement croissante sur et est décroissante sur . Dans ce cas, on peut avoir une, deux (dans ce cas on a une racine double) ou trois racines réelles. En résumé on a :
Proposition
Le polynôme admet soit une ou trois racines simples, ou bien une racine simple et une racine double.
Équations du type
Proposition
La solution des équations cubiques du type , avec , est donnée par :
Preuve
En effet, on utilise le changement de variables : pour obtenir . Ensuite, en posant on arrive à l'équation du second degré dont les solutions sont données par et . On en déduit que :
Finalement, comme (car ), alors on conclut que :
Proposition
La solution des équations cubiques du type , avec , , est donnée par :
- si :
- si :
- si :
Preuve
On utilise, cette fois-ci, le changement de variables , on arrive à . En posant maintenant on aboutit à l'équation du second degré , dont les racines sont données par et . Suivant le signe de l'expression on trouve les solutions énoncées dans la proposition.
Équations du type
Examinons l'équation du second degré, par exemple, . L'idée est de ne plus faire apparaître qu'une seule fois l'inconnue en utilisant une identité remarquable. Puisque , l'équation est équivalente à . Les solutions sont donc . Abordons, à présent, l'équation du troisième degré, par exemple :
En suivant la même idée qu'avant on a : . En posant , l'équation est équivalente à :
Le mathématicien italien Scipion del Ferro eut l'idée de chercher une solution de (2) sous la forme . On obtient , c'est-à-dire :
Scipion del Ferro pensa à découpler cette équation en deux autres : il remarqua que si et vérifient conjointement et , alors est solution de (2). Notons le système d'équations :
il faut bien comprendre la démarche de del Ferro : implique (1), mais il ne s'agit nullement d'une équivalence, on a juste simplifier le problème en le ramenant de l'ordre 3 à l'ordre 2. Les nombres et sont solutions du système si, et seulement si, et sont les solutions de l'équation de degré 2 : . Le discriminant est égal à , ainsi et . Le nombre est donc solution de (2), puis le nombre est solution de (1). On peut alors achever la résolution de (1) en mettant en facteur :
et (1) admet une et une seule racine réelle à savoir 5.
Méthode de Scipion del Ferro
On considère l'équation générale . On pose , alors on obtient :
Considérons alors l'équation avec des nombres réels. On pose et on obtient :
Pour que cette égalité soit vérifiée, il suffit que et . On cherche donc deux nombres et dont on connaît la somme et le produit : ce sont les solutions de l'équation . Scipion del Ferro obtient ainsi les formules :
et finalement :
6.1.7 Polynômes qui commutent
Définition
Deux polynômes unitaires et , à coefficients réels, commutent si pour tout :
Exemple
Trouver tous les polynômes unitaires de degré 3 qui commutent avec où est un réel.
Posons , alors l'égalité s'écrit :
En développant, et en identifiant les termes on déduit que et :
En posant , il s'ensuit que . La deuxième équation ci-dessus implique que , i.e., , et alors ou . Il est facile de vérifier que chacune de ces deux valeurs représente une solution du système. En résumé, un polynôme de degré 3 et qui commute avec existe seulement lorsque ou .
Si , , et si , .
On peut montrer, de même, que le seul polynôme de degré 2 qui commute avec est lui-même, et que le seul polynôme de degré 1 qui commute avec est .
Exemple
Soit et , pour .
Montrer que pour tout entier strictement positif les racines de l'équation sont toutes réelles et distinctes. (OIM, 1976)
L'application envoie vers , et on a :
L'équation est équivalente à : , dont les solutions sont avec . D'où, les valeurs suivantes de :
donnent valeurs réelles distinctes de qui vérifient .
Exemple
Pour un polynôme donné , on définit le polynôme par .
Montrer que si et commutent, alors et commutent aussi.
Notons que :
De même, on a aussi :
Donc, et commutent si, et seulement si, , ce qui est vrai.
6.1.8 Polynômes irréductibles
Définition
On dit qu'un polynôme (polynôme à coefficients dans ) est irréductible s'il est non constant, et si ses seuls diviseurs sont les polynômes constants et les polynômes de la forme avec .
Autrement dit, les polynômes irréductibles jouent le rôle pour l'arithmétique de des entiers premiers pour l'arithmétique de .
- Les polynômes de degré 1 sont toujours irréductibles.
- Dans , les polynômes irréductibles sont exactement les polynômes de degré 1.
- Dans , les polynômes irréductibles sont les polynômes de degré 1 et les polynômes de degré 2 de discriminant négatif.
- Tout polynôme de degré 2 avec au moins une racine irrationnelle est irréductible dans . Par exemple, est irréductible dans puisque ses racines sont données par .
Lemme de Gauss
Si un polynôme à coefficients entiers est factorisé en deux polynômes à coefficients rationnels non constants, alors ceux-ci sont proportionnels à des polynômes à coefficients entiers dont le produit est égal à .
Preuve
Supposons que est à coefficients entiers et que , où et sont des polynômes non constants à coefficients rationnels. Soient et les plus petits entiers naturels tels que et ont des coefficients entiers. Alors, si il s'ensuit que :
est une factorisation de en deux polynômes à coefficients entiers et . Soient les coefficients de , on va construire la factorisation requise de .
Soit un diviseur premier de , alors tous les coefficients de sont divisibles par .
Montrons maintenant que divise tous les coefficients de ou divise tous les coefficients de . Si divise tous les coefficients de , alors c'est fini. Sinon, soit tel que divise mais ne divise pas . On a :
De plus, et , et alors . En procédant de la même façon, on peut déduire que pour tout . Donc, a des coefficients entiers. On a ainsi une factorisation de en deux polynômes à coefficients entiers.
En prenant tous les diviseurs premiers de , on finira avec une factorisation du polynôme en deux polynômes à coefficients entiers.
Exemple
Si sont des entiers deux à deux différents, alors le polynôme :
est irréductible dans .
Supposons, par l'absurde, que , où et sont deux polynômes non constants et à coefficients entiers. Comme pour tout , alors :
Dans les deux cas, on a : pour tout . De plus, est non nul (car sinon pour tout , mais si est assez grand, alors , ce qui donne une contradiction). Finalement, on a polynôme non nul qui admet racines , c'est impossible car son degré est .
Définition
Un polynôme à coefficient entiers est dit primitif si et s'il n'existe aucun nombre entier qui divise tous les coefficients , .
Théorème : critère d'Eisenstein
Soit un polynôme à coefficients entiers. Soit un nombre premier tel que :
- ne divise pas ,
- divise chaque coefficient ,
- ne divise pas .
Alors, est irréductible dans .
De plus, si est primitif, alors est irréductible dans .
Démonstration
Supposons que n'est pas irréductible sur , alors par le lemme de Gauss , où et sont des polynômes à coefficients entiers. Comme est divisible par mais pas par , alors exactement un seul élément parmi est un multiple de . Supposons que et . De plus, comme il s'ensuit que , alors , et ainsi de suite on conclut que tous les coefficients sont divisibles par , mais alors on aura car , ce qui est une contradiction.
Exemple
Soit un nombre premier. Le polynôme :
est irréductible dans .
Notons que , alors avec le changement de variables on a :
Or est divisible par pour , en effet , et comme le nombre premier n'est pas un facteur de , alors divise le produit . Maintenant, En divisant par , alors il s'ensuit que vérifie les conditions du critère d'Eisenstein, et en conclusion c'est un polynôme irréductible, d'où est aussi un polynôme irréductible.
Soit un nombre premier impair, et considérons le polynôme à coefficients dans . D'après le théorème de Fermat, chacun des nombres est une racine du polynôme, donc :
Applications
Application 1 : théorème de Wilson
En comparant les coefficients constants dans la relation (1) on obtient le théorème de Wilson :
Application 2
Si on développe le membre de droite de la relation (1), alors le coefficient de est la somme de tous les produits de éléments de l'ensemble . En comparant les coefficients on obtient :
Application 3 : théorème de Wolstenholme
On suppose que . Le numérateur de la fraction simplifiée :
est divisible par .
En effet, et, comme et , il s'ensuit que .
Application 4
Soit comme dans l'application précédente, et nombre premier. Alors :
En effet, comme , alors avec :
Puisque , l'identité ci-dessus se réduit à :
Ceci montre que est divisible par , comme chaque est divisible par et comme et sont premiers entre eux, alors on conclut que .
6.2 Polynômes de degré 2
Définition
Une fonction définie sur est une fonction polynôme ou (trinôme) de degré 2 s'il existe des réels () tels que, pour tout réel , on ait :
Proposition
Toute fonction polynôme de degré 2, définie sur par , peut s'écrire sous la forme canonique :
où est le discriminant de .
Exemple : si , alors , et . Ainsi , et pour tout réel :
6.2.1 Variations d'une fonction polynôme de degré 2
Soit une fonction polynôme de degré 2, définie sur par . Les variations de dépendent du signe de .
Si :
Si :
Dans un repère du plan, la courbe représentative de est une parabole de sommet le point . Elle admet pour axe de symétrie la droite d'équation .
Résoudre une équation du second degré
Pour résoudre l'équation , avec , on calcule le discriminant .
- Si , l'équation n'admet pas de solution réelle.
- Si , l'équation admet une solution double .
- Si , l'équation admet deux solutions réelles distinctes :
Remarque
Si , alors l'équation admet deux racines distinctes et avec :
Théorème
Soient et les racines réelles de l'équation . Alors :
Démonstration
En effet, on a :
6.2.2 Factorisation d'un trinôme du second degré
Pour factoriser le trinôme , avec , on calcule le discriminant .
- Si , le trinôme n'admet pas de factorisation dans .
- Si , le trinôme se factorise sous la forme : où est la racine double du trinôme.
- Si , le trinôme se factorise sous la forme : où et sont les racines distinctes du trinôme.
6.2.3 Signe d'un trinôme du second degré
Soit un trinôme défini sur par , .
Si , pour tout réel , est du signe de :
| signe de | signe de | ||
Si , pour tout , est du signe de :
| signe de | signe de | 0 | signe de |
Si , est du signe de à l'extérieur des racines et :
| signe de | signe de | 0 | signe de | 0 | signe de |
Polynômes en plusieurs indéterminées
Exemple : Équation diophantienne avec trois variables
Énoncé : Soient des entiers non nuls tels que est un entier. Montrer que :
Analyse du cas
Considérons le cas . Supposons que les entiers vérifient l'équation ; alors un au moins est strictement positif, et les deux autres sont tous les deux strictement positifs ou strictement négatifs. On peut supposer, sans perte de généralité, que les trois nombres sont strictement positifs.
Propriété 1 : Les trois nombres sont deux à deux distincts.
Supposons que , alors , d'où . Par suite est un carré parfait et donc il existe un entier tel que . En substituant la valeur de dans l'équation on obtient : , c'est-à-dire . Maintenant, , donc , et ceci implique que divise , d'où . Dans les deux cas , contradiction avec . On a ainsi prouvé que sont deux à deux distincts.
Descente infinie : Supposons alors que . Le triplet est aussi solution de l'équation , avec un entier strictement positif car et .
Considérons le polynôme . Les racines de ce polynôme sont et , de plus :
Le signe de est négatif entre les racines, donc est compris entre et , et comme , alors . Donc
En continuant ce procédé, on construit une suite strictement décroissante d'entiers strictement positifs, ce qui est impossible. Par conséquent, il n'existe pas de solutions pour .
Analyse du cas
Supposons que avec entiers. Comme est pair, les nombres ne sont pas tous impairs. Si, exactement, un d'entre eux est pair, alors modulo on a : , une contradiction. Par conséquent les trois nombres sont pairs, et donc , , , ainsi . Cette dernière équation correspond au cas , et il n'y a pas de solutions entières dans ce cas à l'exception de .
Donc, pour , on a .
Cas et
Pour , une solution est , et pour on considère les multiples de pour se ramener au cas .
6.4 Polynômes de degré 4
Le graphe d'un polynôme de degré 4 : , avec , est de l'une des deux formes ci-dessous. Dans la figure de gauche, on a deux minimums locaux et un maximum local. Dans la figure de droite, on a un minimum absolu. Selon les coordonnées de ces minimums et maximums locaux, un polynôme de degré 4 admet 4, 3, 2, ou 1 racines réelles.
Proposition (Relations de Viète)
Soient les racines du polynôme . Alors on a :
Exemple (Proposé à l'OIM)
Montrer que si toutes les racines de sont réelles alors .
Soient les racines réelles du polynôme, alors d'après les relations de Viète :
On peut supposer, sans perte de généralité, que (sinon toute somme de trois racines est nulle, ce qui implique que et le résultat est alors trivial). Donc, avec , on a :
D'après les relations de Viète on a :
Donc :
Notons que :
De plus, en remplaçant dans l'inégalité ci-dessus, par , on obtient :
Grâce à ces inégalités on conclut que .
Exemple (Russie)
Montrer que si admet deux racines réelles distinctes, alors admet quatre racines réelles distinctes.
On commence par montrer le résultat suivant : soit un nombre réel, alors l'équation admet deux racines réelles. En effet, l'équation s'écrit , son discriminant est égal à , donc il y a deux racines réelles.
Soient et les racines de . D'après le résultat vu ci-haut, chacune des deux équations , admet deux racines réelles. Comme et , ce sont les racines de l'équation :
En multipliant par on a : . On a ainsi quatre racines réelles distinctes de l'équation .
Exemple
Soit un polynôme de degré 4.
Montrer que si , alors pour tout .
On a : et . Finalement, si , on a :
Exemple
Soit un polynôme de degré 4.
Montrer que si et , alors pour tout .
Puisque et , alors . Posons :
Le discriminant de est égal à : , donc . Le discriminant de est égal à : , d'où . Ainsi :
Proposition
La résolution de l'équation :
se ramène à la résolution de l'équation où .
Preuve
En divisant l'équation par (), on obtient : . En posant , alors , ce qui donne :
i.e. .
Exemple
Résoudre l'équation : .
D'après la proposition on est ramené à résoudre . Les racines sont et , par suite ou . Les solutions réelles sont alors et .
Exemple
Résoudre l'équation : .
En multipliant par on trouve : . D'après la proposition on est ramené à résoudre . Les solutions de l'équation en question sont finalement , , .
6.5 Polynômes de Bernstein
Cette section étudie le problème de la recherche de racines rationnelles de polynômes à coefficients entiers, présentant plusieurs applications intéressantes (comme par exemple les polynômes de Bernstein, nombres irrationnels). Les points (1) et (2) du théorème ci-dessous ont déjà été vus auparavant, nous nous intéressons plus précisément par le résultat (3).
Théorème
Soient un entier, un polynôme non nul à coefficients entiers, et des entiers non nuls premiers entre eux. Si , alors :
- et .
- Si est unitaire, alors les racines rationnelles possibles de sont entières.
- pour tout . En particulier, et .
Démonstration
Les points (1) et (2) ont été vus au début du chapitre. On montre le point (3).
Puisque , alors , c'est-à-dire :
Par conséquent :
Ainsi, . Pour conclure que , il suffit de montrer que . On a :
Le résultat (3) permet, en particulier, de montrer l'irrationnalité de certains nombres. On donne deux exemples ci-dessous.
Exemple
Montrer que est un nombre rationnel.
Posons , alors , par suite , de sorte que est une racine du polynôme unitaire à coefficients entiers :
Donc, si , les points (1) et (2) du théorème précédent montrent que et , d'où . Or, comme
on arrive à une contradiction. Donc, .
Exemple
Montrer que est un nombre irrationnel.
Posons , alors d'après les formules trigonométriques on a successivement :
Or comme , on obtient , c'est-à-dire :
Ainsi, est une racine du polynôme à coefficients entiers , et il suffit de montrer qu'il n'admet pas de racines rationnelles. D'après le théorème précédent les racines rationnelles possibles sont ou , cependant et , ce qui termine la preuve.
Définition (Polynômes de Bernstein)
Soit la suite de polynômes à coefficients réels définie par , et, pour tout ,
Le polynôme est appelé le -ème polynôme de Bernstein.
Pour , soit le -ème polynôme de Bernstein, alors pour tout on a :
Proposition
Si est la suite des polynômes de Bernstein, alors :
- , pour tout .
- est unitaire, a des coefficients entiers, et est de degré .
Preuve
1. Il est clair que , et :
On suppose, par récurrence, que le résultat est vrai jusqu'au rang où , alors comme on obtient :
Donc, par hypothèse de récurrence, on a pour tout :
2. Le résultat est clairement vrai pour et . Par récurrence, si et sont unitaires, à coefficients entiers, et de degrés et respectivement, alors la relation montre qu'il en est de même pour .
Théorème
Si est tel que , alors :
Démonstration
Soient tels que et . Pour , alors par (1) de la dernière proposition on a :
Maintenant, d'après (2) de la dernière proposition on sait que est une racine du polynôme unitaire à coefficients entiers . Donc par (2) du théorème en début de ce paragraphe on déduit que . D'autre part, puisque , on obtient ou . Par conséquent, ou .
Exemple
Soit une suite de polynômes à coefficients réels tels que pour tout . Montrer que est le -ème polynôme de Bernstein.
Puisque , qui est un ensemble infini, alors il y a au plus un polynôme vérifiant la condition de l'exemple. Donc, est le -ème polynôme de Bernstein.
Exemple
Pour , soit le -ème polynôme de Bernstein. Montrer que :
On a si . Or :
Maintenant, pour , on obtient que est proportionnel, respectivement, à :
et toutes ces valeurs de donnent des valeurs distinctes pour . Par conséquent,
sont racines distinctes de . Comme est unitaire, et est de degré , alors vérifie bien la relation demandée.
Exemple
Soit un nombre rationnel vérifiant et supposons que
Montrer que . (Proposé à l'OIM, 1991)
Rappelons tout d'abord que et .
En posant on obtient :
et donc . Clairement, . Si on obtient , car .
Il suffit donc de montrer que est impossible, et pour cela on utilisera le fait que . Rappelons que implique que l'ensemble est fini. Notre objectif est de montrer que cet ensemble est infini. On montre par récurrence que :
où sont des entiers impairs pour tout .
On a . Par hypothèse de récurrence, on a :
et donc
qui sont impairs. Maintenant, notons que :
donc est infini, contradiction avec .
6.6 Polynômes en plusieurs indéterminées
Si et sont les solutions de l'équation du second degré , alors on sait que : et . Les expressions et sont des exemples de polynômes à deux variables et . En général, un polynôme à deux variables et est une somme de termes (monômes) de la forme , où est une constante, et deux entiers naturels, et on le note . L'entier est appelé le degré du terme (monôme) , et le degré de est égal au degré du terme ayant le plus grand degré. On peut additionner, soustraire et multiplier les polynômes à plusieurs variables de la même façon que pour les polynômes à une variable. On va considérer deux types de polynômes à deux variables : les polynômes symétriques, i.e., ceux qui vérifient , et les polynômes homogènes où tous les termes (monômes) ont le même degré.
Un polynôme est symétrique si .
Un polynôme est symétrique si .
Un polynôme homogène est un polynôme en plusieurs indéterminées dont tous les monômes non nuls sont de même degré total. Par exemple le polynôme est homogène de degré 5 car la somme des exposants est 5 pour chacun des monômes; les polynômes homogènes de degré 2 sont les formes quadratiques.
Le polynôme est homogène de degré 7, puisque .
Applications
- Les polynômes symétriques élémentaires et sont homogènes, le premier est de degré 1 et le second est de degré 2.
- Le polynôme est symétrique mais il n'est pas homogène.
- Le polynôme est homogène mais n'est pas symétrique.
- Les sommes , avec , sont symétriques.
Théorème
Tout polynôme symétrique peut être représenté comme un polynôme en et . Autrement dit, il existe un unique polynôme tel que : .
Démonstration
En effet :
où . Donc, on a la relation de récurrence :
Maintenant, la preuve pour n'importe quel polynôme symétrique est facile. Les termes de la forme ne posent aucun problème car . Si les termes , avec , apparaissent dans le polynôme, alors, par symétrie, le terme doit faire partie du polynôme. En groupant les termes on a :
Or, peut s'exprimer comme un polynôme en et . Ceci termine la preuve.
Résolution des systèmes non linéaires d'équations symétriques à deux variables
Les systèmes non linéaires d'équations symétriques à deux variables et peuvent être simplifiés en utilisant la substitution et . Le degré de ces équations sera diminué, car est un terme de second degré en et . Dès que nous trouvons et , nous pouvons trouver les solutions du système d'équations symétriques, soit en résolvant l'équation du second degré ou en résolvant le système , .
Exemple
Résoudre le système d'équations :
Avec et , on a :
Comme , en faisant les substitutions récursivement, l'équation devient :
Donc, le système qu'on doit résoudre est :
En substituant la valeur de dans la première équation on obtient . Cette dernière équation admet comme solutions . D'où, on doit résoudre , . En conclusion, les solutions sont :
6.6.1 Polynômes symétriques à trois variables
Les polynômes symétriques à trois variables peuvent s'exprimer en fonction des polynômes symétriques élémentaires :
La somme des puissances , avec , peuvent s'éxprimer en fonction de et comme suit :
et, pour , on a la relation de récurrence :
Résolution des systèmes non linéaires d'équations symétriques à trois variables
Les systèmes non linéaires d'équations symétriques à trois variables et peuvent être simplifiés en utilisant et . Une fois que nous avons les équations en et , nous écrivons l'équation cubique : , où et sont ses coefficients. Ensuite, les solutions de cette équation cubique sont les solutions du système. Les autres solutions peuvent être obtenues par permutation des variables.
Exemple
Résoudre le système d'équations :
Notons que sont les solutions du polynôme , i.e., où , et . Donc :
Les nombres et sont les racines de , donc :
En sommant ces trois équations, on déduit que , et les racines qu'on cherche sont les racines du polynôme :
Remarquons que est une racine de , donc . Les racines de sont et . Finalement, les solutions du système sont et toutes ses permutations.
6.6.2 Saut de Viète (Vieta jumping)
Une technique utilisée pour générer des racines entières pour une famille de polynômes de degré 2 ou pour un polynôme de plusieurs variables, est connue sous le nom de saut de Viète. Cet outil est utilisé pour trouver les racines d'un polynôme de degré 2 de manière récursive. En général, lorsque cette technique est appliquée aux polynômes de plusieurs variables, une seule variable est prise en compte tandis que les autres variables sont considérées comme des constantes.
Saut de Viète
Le saut de Viète (Vieta jumping en anglais) est une technique de démonstration. Elle est le plus souvent utilisée pour des problèmes dans lesquels une relation entre deux entiers positifs est donnée, avec une proposition à prouver au sujet de ses solutions. C'est une technique relativement récente dans la résolution de problèmes d'olympiades de mathématiques, car le premier à l'avoir introduite est le bulgare Emanouil Atanassov pour la résolution du problème 6 de l'OIM 1988.
Le concept de saut de Viète standard est un raisonnement par l'absurde, et plus précisément un raisonnement par descente infinie, qui se compose des trois étapes suivantes :
- On suppose par l'absurde qu'il existe des solutions à la relation donnée qui ne satisfont pas l'énoncé que l'on veut prouver.
- On prend la solution qui minimise une certaine fonction de et , généralement . L'équation est ensuite réarrangée en une équation du second degré, dont l'une des racine est , et les formules de Viète sont utilisées pour déterminer l'autre racine.
- On montre ensuite que l'autre racine donne une solution à la fois valide et plus petite, ce qui contredit la minimalité de la solution . Cette contradiction montre donc qu'il n'existe aucune solution ne satisfaisant pas l'énoncé.
On peut aussi interpréter ce raisonnement comme un moyen, à partir d'une solution, d'en construire une autre « plus petite », et de proche en proche une suite décroissante infinie d'entiers naturels, ce qui est absurde.
Exemple
Soient et des entiers strictement positifs tels que divise .
Montrer que est un carré parfait. (OIM, 1988)
1. Soit . Nous supposons qu'il existe une ou plusieurs solutions à la condition donnée pour laquelle n'est pas un carré parfait.
2. Pour une valeur donnée de , soit une solution de cette équation qui minimise la valeur de et sans perte de généralité . On peut réorganiser l'équation et remplacer par une variable pour obtenir . Une racine de cette équation est . Par les formules de Viète, l'autre racine vérifie et .
3. L'expression montre que est un entier, et l'expression implique que puisque n'est pas un carré parfait. De on déduit que est positif. Finalement, implique que , et par conséquent, , ce qui contredit la minimalité de .
Exemple
Soient et des entiers strictement positifs. Montrer que si divise , alors . (OIM, 2007)
Il est difficile de voir comment appliquer le saut de Viète directement car il n'y a pas de moyen facile pour « sauter » de la solution à . La question suggère que serait une quantité importante à considérer. Supposons que vérifie la condition, avec , notons que :
Fixons . On veut considérer toutes les solutions entières strictement positives de . Soit la solution avec minimal, et supposons sans perte de généralité que . Considérons l'équation du second degré :
Cette équation admet deux racines et . D'après la minimalité de on a : , i.e., , en contradiction avec .
Saut de Viète (interprétation géométrique)
Le saut de Viète peut être décrit en termes de points sur une hyperbole. Le processus de recherche de racines de plus en plus petites est utilisé pour trouver des points de l'hyperbole tout en restant dans le premier quadrant. La procédure est la suivante :
- À partir de la condition donnée, on obtient l'équation d'une famille d'hyperboles inchangées par l'échange de et tels qu'elles soient symétriques par rapport à la droite d'équation .
- Prouver la proposition désirée pour les intersections des hyperboles et de la droite .
- Supposons qu'il y a un point sur une hyperbole et sans perte de généralité . Ensuite, par les formules de Viète, il existe un point correspondant avec la même abscisse, situé sur l'autre branche de l'hyperbole, et par réflexion par rapport à un nouveau point sur la branche d'origine de l'hyperbole est obtenu.
- Il est montré que ce processus produit des points de plus en plus bas sur la même branche et peut être répété jusqu'à ce que certaines conditions (par exemple ) soit vérifiées. Enfin, en remplaçant cette condition dans l'équation de l'hyperbole, la conclusion souhaitée sera prouvée.
Exemple
Soient et des entiers strictement positifs tels que divise .
Montrer que est un carré parfait. (OIM, 1988)
1. Soit avec fixé. Alors représente un point du réseau situé sur l'hyperbole d'équation .
2. Si nous trouvons , qui est une solution triviale.
3. Soit un point du réseau situé sur l'hyperbole , et supposons que , i.e. que le point est sur la branche supérieure. En appliquant les formules de Viète, est un point situé sur la branche inférieure de . Ainsi, par réflexion, est un point du réseau sur la branche d'origine. Ce nouveau point a une ordonnée plus petite, et est donc en dessous du point d'origine. Puisque ce point est sur la branche supérieure, il est encore au-dessus de .
4. Ce processus peut être répété. À partir de l'équation de , il n'est pas possible que ce processus se déplace dans le deuxième quadrant. Ainsi, ce processus doit se terminer en et en substituant, nous avons qui est un carré parfait.
Polynômes en plusieurs indéterminées
Exemple : Équation diophantienne avec trois variables
Soient des entiers non nuls tels que est un entier. Montrer que :
Analyse du cas
Considérons le cas . Supposons que les entiers vérifient l'équation ; alors un au moins est strictement positif, et les deux autres sont tous les deux strictement positifs ou strictement négatifs. On peut supposer, sans perte de généralité, que les trois nombres sont strictement positifs.
Propriété 1 : Distinctivité deux à deux. Montrons que les trois nombres sont deux à deux distincts. Supposons que , alors , d'où . Par suite est un carré parfait et donc il existe un entier tel que . En substituant la valeur de dans l'équation on obtient : , i.e., . Maintenant, , donc , et ceci implique que divise , d'où . Dans les deux cas , contradiction avec . On a ainsi prouvé que sont deux à deux distincts.
Construction d'une suite décroissante. Supposons alors que . Le triplet est aussi solution de l'équation , avec un entier strictement positif car et .
Considérons le polynôme . Les racines de ce polynôme sont et . Évaluons en :
Le signe de est négatif entre les racines, donc est compris entre et , et comme , alors . Par conséquent :
En continuant ce procédé, on construit une suite strictement décroissante d'entiers strictement positifs, ce qui est impossible. Donc il n'y a pas de solutions pour .
Analyse du cas
Supposons que avec entiers. Comme est pair, les nombres ne sont pas tous impairs. Si exactement un d'entre eux est pair, alors modulo on a : , une contradiction. Par conséquent les trois nombres sont pairs, et donc , , , ainsi . Cette dernière équation correspond au cas , et il n'y a pas de solutions entières dans ce cas à l'exception de .
Donc, pour , on a .
Analyse des cas et
Pour , une solution est , et pour on considère les multiples de pour se ramener au cas .