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Congruence

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Cours complet

Contenu du cours

Chapitre extrait du Tome 5 — Arithmétique du livre « Objectif Olympiades de Mathématiques » de Mohammed Aassila. Réservé aux élèves se préparant aux concours d'olympiades de niveau lycée.

5.1 Définitions. Propriétés

Définition

Soient , . On dit que est congru à modulo , et on note si et seulement si divise . Ainsi :

Propriété 1

  1. Réflexivité : .
  2. Symétrie : si , alors .
  3. Transitivité : si et , alors .

À partir de la définition de la congruence, on voit que tous les nombres dans la progression arithmétique sont congrus à .

La congruence mod est une relation d'équivalence (propriété 1 ci-dessus) dont les classes d'équivalences sont exactement les différentes progressions arithmétiques de raison .

Définition

Une classe d'équivalence modulo est appelée une classe de congruence modulo ou un résidu modulo . L'ensemble de tous les résidus modulo est noté . Finalement, un système complet de représentants des classes d'équivalence modulo est appelé un système complet de résidus modulo .

On utilisera la notation pour noter la classe d'équivalence de modulo .

Proposition

Pour tout , l'ensemble est un système complet de résidus modulo , c'est-à-dire . En particulier, .

À partir du système complet de résidus , on peut construire d'autres systèmes complets :

Proposition

Soient et . Si , alors l'ensemble est un système complet de résidus.

Un ensemble de nombres est un système complet de résidus modulo si, et seulement si, n'importe quels deux éléments parmi eux ne sont pas congrus l'un à l'autre modulo .

Corollaire

Soit . Un ensemble de nombres entiers consécutifs est un système complet de résidus modulo . En particulier, l'ensemble est un système complet de résidus modulo .

Propriété 2

  1. Addition des congruences : si et , alors .
  2. Multiplication des congruences : si et , alors .

En appliquant, de façons répétées la propriété 2 on déduit que :

Corollaire

Si , et des entiers avec , alors : .

Attention, on n'a pas en général : , par contre on a le résultat :

Propriété 3

Si alors . Donc, si , alors .

Propriété 4

  1. Si et , alors .
  2. Si et , alors .
  3. Si , , alors . Si sont 2 à 2 premiers entre eux, alors .

Propriété 5

Soient et des entiers avec . Si est un système complet de résidus mod , alors est aussi un système complet de résidus mod .

Proposition

Soient et des entiers, et posons . Si est un multiple de il existe une solution de l'équation . Si est une solution, il y a solutions : .

Propriété 6

Soient un entier strictement positif, et deux entiers relativement premiers avec . Alors $$\begin{cases} a^x \equiv b^x \pmod{m} \\ a^y \equiv b^y \pmod{m} \end{cases} \Rightarrow a^{\gcd(x,y)} \equiv b^{\gcd(x,y)} \pmod{m}.$$

Preuve

D'après l'identité de Bézout, il existe deux entiers et tels que . Alors, on a par hypothèse : D'où . Comme , alors par la propriété 3 on a :

Proposition

  1. Les carrés parfaits sont congrus à ; congrus à ; congrus à ; congrus à ; congrus à .
  2. Les cubes parfaits sont congrus à .
  3. Les puissances quatrièmes sont congrues à .

5.2 Exemples

Exemple

Déterminer le reste de la division de par .

Comme et , alors : Maintenant, en notant que on déduit que :

Exemple

Soient et des entiers strictement positifs. Montrer que l'entier est divisible par .

Puisque , on se propose de montrer que est divisible par et .

  • On a tout d'abord . En effet, on a : , et , par suite :
  • Puisque , alors , d'où . Par conséquent, .
  • Puisque , alors . Par suite .

Exemple

Soient et des entiers tels que . Posons . Montrer que n'est pas un nombre premier.

Notons, tout d'abord, que pour tout entier , les nombres et sont de même parité, i.e., . D'où, . Par suite . D'autre part, il est facile de vérifier (en distinguant les cas et ) que , ce qui implique que : Par conséquent, . Ainsi, , et n'est donc pas un nombre premier.

Exemple

On suppose que les entiers et vérifient : Montrer que est divisible par .

De la relation (1) on déduira que ce qui donnera . On fait une preuve par l'absurde.

  • Supposons qu'il y a juste deux des nombres qui sont congrus modulo , par exemple , donc . Dans ce cas mais . Par suite le membre de gauche de (1) est , or le membre de droite de (1) est , une contradiction.
  • Supposons, ensuite, que chaque deux de et ne sont pas congrus modulo . Dans ce cas, il est facile de vérifier que , mais . Par suite, les restes modulo des deux membres de (1) ne sont pas égaux, une contradiction. Donc ce cas est aussi impossible.

Exemple

Soit un entier naturel. Montrer que n'est pas un carré parfait.

Supposons, par l'absurde, qu'il existe un entier et un entier tels que : D'après (1), est impair (en effet, (1) modulo 2, et notons que ). De plus, , puisque . Or est divisible par 2, pas par 4. Ceci veut dire que le membre de gauche de (1) est , une contradiction.

Exemple

En utilisant les chiffres et , on peut obtenir des nombres à chiffres où chaque chiffre n'est utilisé qu'une seule fois (dans chaque nombre à chiffres). Montrer qu'il n'y a aucun de ces nombres qui soit un multiple d'un autre.

Supposons, par l'absurde, qu'il existe deux nombres différents, et , à chiffres chacun et tels que est un entier naturel. Puisque la somme des chiffres, aussi bien de ou de , est égale à : , alors . En considérant l'équation modulo on obtient . Or , donc , et . Une contradiction car est un nombre à chiffres.

Exemple

On considère la suite définie par et pour . On considère la suite définie par et pour . Montrer que les suites et n'ont aucun élément en commun.

On montre que la suite , modulo , est périodique : Comme , si , alors d'après la relation de récurrence vérifiée par la suite on a : On a ainsi montré par récurrence sur que la suite est périodique modulo . On montre, de la même façon, que la suite est périodique modulo : Les suites et modulo n'ont aucun terme en commun. De plus, puisque est strictement croissante, alors ne peuvent pas être égaux à , ce qui montre que les suites et n'ont aucun terme en commun.

Exemple

Soit un entier strictement positif donné. Déterminer la valeur minimale, strictement positive, de l'expression , où et sont deux entiers strictement positifs.

On se propose de montrer que cette valeur minimale recherchée est égale à : En effet, notons d'abord que puisque et , alors : De plus, on doit montrer qu'il n'existe pas deux entiers strictement positifs et tels que . Sinon, alors : Les deux diviseurs du membre de gauche de l'équation ci-dessus sont clairement premiers entre eux, mais le membre de droite est une puissance -ème d'un certain entier. Donc : est un entier strictement positif, et . En considérant la relation (2) modulo , alors le membre de gauche est : ce qui implique que . Or est clairement un entier impair strictement plus grand que , une contradiction. En combinant avec (1) on sait que si alors , et lorsque et on a égalité. Ceci permet de conclure que la valeur minimale recherchée est égale à .

Exemple

Soit un entier impair. Montrer qu'après avoir pris arbitrairement un élément de l'ensemble on peut toujours partager le reste des éléments en deux groupes, chaque groupe se compose de nombres, et les sommes des nombres des deux groupes sont congrues modulo .

La première clé dans la résolution de ce problème est de remarquer que pour tout , l'ensemble peut être obtenu à partir de par la transformation :

🔑 Formules clés à retenir

  • .
  • Compatible avec ; pour la division : inversible .
  • Théorème chinois des restes : si , le système , a une unique solution .
  • Petit Fermat : ( premier, ).
  • Euler : si .
⚠️

Astuces & Pièges à éviter

Les erreurs classiques — à lire avant les exercices !

  • Choisir le bon module : pour montrer qu'une équation est impossible, cherche un pour lequel les deux côtés ont des résidus différents.
  • Tableau des restes modulo : utile pour repérer les configurations.
  • Réduction d'exposant : si , ne dépend que de .
  • Lifting (Hensel) : passer de à pour les équations.